Crise Sociale: La CGSL S’Exprime à Libreville

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Crise Sociale: La CGSL S'Exprime à Libreville
Crise Sociale: La CGSL S'Exprime à Libreville

Africa-Press – Gabon. Entre érosion brutale du pouvoir d’achat, réformes contestées de la CNSS et atteintes aux libertés syndicales, la Confédération gabonaise des syndicats libres (CGSL) dresse un diagnostic alarmant de la situation sociale. Dans une déclaration solennelle ce mardi 27 janvier 2026, son secrétaire général, Jean Claude Bekale, met en garde les autorités contre une « exaspération générale » et exige un changement de cap radical pour éviter l’embrasement.

Le climat social gabonais est-il au bord de la rupture? Pour la CGSL, le constat est sans appel: le malaise se propage «comme une traînée de poudre». Fidèle à sa ligne de défense des travailleurs, l’organisation syndicale est sortie de sa réserve pour dénoncer ce 27 janvier 2026, une gouvernance jugée de plus en plus déconnectée du quotidien des foyers gabonais.

Libertés syndicales: un climat de méfiance

Le premier grief de la centrale syndicale porte sur la protection des acteurs sociaux. Bien qu’elle salue la libération de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, la CGSL ne décolère pas face à leurs récentes interpellations. «Ces arrestations constituent une atteinte manifeste aux libertés syndicales garanties par les conventions internationales», a martelé Jean Claude Bekale. Pour l’organisation, ces méthodes «héritées d’une époque révolue» empoisonnent le dialogue. Pour y remédier, elle réitère sa demande de création d’un Conseil national du dialogue social, organe tripartite visant à prévenir les conflits avant qu’ils n’éclatent.

CNSS: le passage en force des « 5 % »

Le dossier de la protection sociale cristallise également les tensions. Si la CGSL reconnaît l’urgence de réformer une CNSS aux abois, elle rejette la brutalité de l’augmentation des cotisations salariales, passées de 2,5 % à 5 % via le décret du 18 décembre 2025.

«Toute modification isolée, opérée sans vision d’ensemble, risque de compromettre la stabilité du dispositif», prévient le secrétaire général. La confédération plaide pour une approche progressive (autour de 0,5 %) et dénonce le maintien du plafond de cotisation à 1 500 000 F CFA, qui lèse les cadres et fausse l’équité contributive.

Le « fardeau » de la vie chère

Mais c’est sur le terrain du portefeuille que le ton se fait le plus incisif. Avec une inflation dépassant les 12 % en 2025, la CGSL s’interroge sur la multiplication des taxes (habitation, électricité, TVA) alors que les salaires stagnent. Prenant l’exemple d’un salarié à 400 000 F CFA asphyxié par les prélèvements et le coût du logement, Jean Claude Bekale pose une question de survie: «Comment ce travailleur peut-il vivre dignement sans sombrer dans l’endettement?»

Plutôt que de taxer les ménages, la CGSL exhorte l’État à aller chercher l’argent là où il se trouve: dans la lutte contre la fraude pétrolière et minière, la sous-déclaration douanière et la régularisation des grands patrimoines immobiliers.

La CGSL prévient qu’elle ne restera pas passive. Tout en appelant ses membres à se mobiliser pour les prochaines élections professionnelles, elle se réserve le droit d’engager des actions plus fermes. Le message à l’endroit du Palais de Rénovation est clair: le dialogue doit redevenir sincère pour éviter que la «traînée de poudre» ne rencontre une étincelle.

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