Africa-Press – Gabon. Face aux archaïsmes qui grippent l’obtention du précieux sésame rose au Gabon, Yannick Obame, un jeune entrepreneur de la diaspora, propose une thérapie numérique. Entre enjeux de transparence et impératifs de modernisation, sa lettre ouverte au ministre Ulrich Manfoumbi Manfoumbi pose le débat de l’externalisation et de la sécurisation des examens.
Le secteur des transports au Gabon s’apprête-t-il à faire sa mue numérique? C’est en tout cas le vœu formulé par Yannick Obame, entrepreneur gabonais établi en France. Dans une correspondance adressée au ministre des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, ce citoyen propose le projet « e-Permis Gabon ». Cette initiative vise à dématérialiser l’intégralité du processus d’examen du permis de conduire, un domaine souvent critiqué pour son manque de fluidité.
Le constat dressé par le porteur de projet est sans appel: le système actuel souffre de maux chroniques. Yannick Obame pointe du doigt la persistance des lenteurs administratives et le déficit de traçabilité, auxquels s’ajoutent des inégalités flagrantes d’accès aux centres d’examen selon les régions, entachant ainsi la crédibilité du permis gabonais. Ces obstacles majeurs constituent, selon lui, un frein à la mobilité et à l’insertion économique des citoyens.
La technologie au service de la régulation
Pour pallier ces défaillances, le projet se décline en un écosystème intégré comprenant une plateforme numérique destinée à l’inscription et au suivi des candidats, des centres d’examen modernisés pour des épreuves théoriques informatisées, ainsi qu’une interface dédiée à l’administration pour assurer un contrôle et une supervision rigoureuse du processus.
L’enjeu ici est de transformer un processus opaque en un levier de performance économique. Selon l’auteur, l’objectif est de mettre le numérique au service de « la transparence, de l’équité et de l’efficacité administrative ». Il s’agit, pour ce dernier, d’une contribution directe à la dynamique de modernisation portée par les autorités gabonaises.
Loin de vouloir évincer l’autorité publique, Yannick Obame prône une approche collaborative. «L’objectif de ce projet n’est en aucun cas de se substituer à l’État, mais bien de l’accompagner », précise-t-il avec insistance. Pour cet entrepreneur, la réussite de la digitalisation de l’administration repose sur ce dialogue entre les institutions et une jeunesse gabonaise porteuse de solutions technologiques.
Reste à savoir si le ministère des Transports saisira cette main tendue pour assainir un secteur stratégique où la sécurité routière et la fiabilité des titres de transport sont des priorités nationales.





