Africa-Press – Gabon. Un adolescent habitant le PK11 a tragiquement perdu la vie sur la décharge de Mindoubé, percuté par un engin de chantier, le 9 février dernier. Ce fait divers, d’une violence symbolique inouïe, remet au centre du débat la question de la précarité croissante dans un pays classé à revenu intermédiaire, où le panier de la ménagère est devenu un luxe hors de portée pour les plus vulnérables.
Le site de la décharge publique de Mindoubé, dans le 5e arrondissement de Libreville, a été au cœur d’un événement funeste qui illustre la détresse sociale actuelle. Un jeune adolescent, dont l’avenir a été fauché sous les roues d’un camion de ramassage, y a perdu la vie alors qu’il tentait de glaner de quoi se nourrir. Selon plusieurs sources, la victime n’était pas seule dans cette quête désespérée ; elle était accompagnée de son jeune frère, témoin impuissant d’un drame qui souligne l’indigence dans laquelle s’enlisent de nombreuses familles de la capitale.
Pour les populations de la zone dite du Grand Libreville, la fréquentation des amas d’ordures n’est plus une pratique marginale, mais une stratégie de survie. Dans un contexte marqué par une inflation galopante et une érosion constante du pouvoir d’achat, la récupération de restes alimentaires ou d’objets destinés à la revente est devenue, pour beaucoup, l’unique rempart contre l’inanition. Ce recours à l’économie de la poubelle trahit une réalité que les statistiques macroéconomiques peinent parfois à traduire: celle d’une pauvreté qui ne se cache plus et qui s’installe jusque dans les zones les plus insalubres.
Ce drame soulève inévitablement l’épineuse question de l’efficacité des mécanismes de protection sociale au Gabon. Si le pays affiche fièrement son statut de puissance économique régionale, le contraste avec la présence d’enfants sur des sites industriels et sanitaires à haut risque interpelle les consciences. L’insalubrité et l’instabilité des revenus créent un cocktail explosif qui pousse les mineurs vers des activités périlleuses, au mépris des règles élémentaires de sécurité et des droits de l’enfant.
Au-delà de l’émotion légitime, la mort de ce jeune habitant du PK11 appelle une réponse politique et structurelle. Elle impose une réflexion profonde sur la nécessité de renforcer les filets de sécurité pour les ménages en situation de grande précarité. Entre urgence alimentaire et sécurisation des sites sensibles, le défi est immense. Car, tant que le coût de la vie continuera de croître sans une redistribution réelle des richesses, la décharge de Mindoubé continuera, hélas, d’attirer ceux que la société a laissés pour compte.
Thécia Nyomba





