Africa-Press – Gabon. L’antenne provinciale de la Direction générale des services spéciaux (DGSS) du Haut-Ogooué a mis fin aux agissements d’un tandem d’escrocs qui terrorisait les orpailleurs du département de la Lékoko. Après l’interpellation du premier suspect à Moanda, le 29 janvier dernier, son complice, Ulrich Sissibari Ndombi, Gabonais de 39 ans et ancien agent de la Garde républicaine radié en 2023, a été rattrapé à Lastourville alors qu’il était en fuite.
Alors que les deux criminels semaient la terreur qui régnait sur les sites d’orpaillage de Botosso et Lemagna, les véritables agents de la DGSS ont démantelé leur entreprise criminelle spécialisée dans l’usurpation de titre, le vol et l’extorsion de fonds. Bien qu’à la tête de ce réseau, on retrouvait Aimé Marcel Ndouly, un Gabonais de 38 ans officiellement employé dans une société de sous-traitance à la Comilog. Sous ses airs de citoyen ordinaire, il se faisait passer pour un agent des services spéciaux pour racketter les orpailleurs clandestins. Profitant de l’isolement des zones aurifères et de la crainte inspirée par l’uniforme, il n’hésitait pas à dépouiller les travailleurs de leurs biens.
L’arrestation du complice: la pièce manquante du puzzle
Si Aimé Marcel Ndouly a été le premier à tomber le 29 janvier dernier, son complice a tenté d’échapper à la justice. Ulrich Sissibari Ndombi, 39 ans, n’est pas un inconnu des services de sécurité: il s’agit d’un ancien agent de la Garde républicaine (GR), radié des effectifs en 2023. C’est à la gare ferroviaire de Lastourville que la cavale de l’ancien militaire a pris fin, alors qu’il tentait de rejoindre Franceville, a rapporté l’Agence gabonaise de presse le 3 janvier 2026. Ramené sous escorte, il a été confronté à son acolyte dans les locaux de la DGSS. Bien que Sissibari Ndombi nie les faits, Ndouly a reconnu leur implication commune dans ce système de racket bien huilé, utilisant notamment un véhicule de marque Toyota pour sillonner les campements forestiers.
Une affaire qui met en lumière la vulnérabilité des zones minières enclavées face à la criminalité. La DGSS soupçonne d’ailleurs certaines complicités locales au sein du département de la Lékoko, ayant permis à ces faux agents de prospérer pendant un temps.
Les deux hommes ont été remis à la Direction générale des recherches (DGR). Ils devront répondre des chefs d’accusation suivants devant le magistrat instructeur près le Tribunal de première instance de Franceville: usurpation de titre, escroquerie et extorsion de fonds. Déterminée à éradiquer l’orpaillage clandestin et à réaffirmer la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire, la DGSS s’engage à intensifier ses opérations de sécurisation dans la province du Haut-Ogooué.
Thécia Nyomba





