Africa-Press – Gabon. L’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) a clôturé, le 29 janvier 2026 à Libreville, un atelier de réflexion stratégique consacré à son programme marin. Fort du soutien de TotalEnergies et de l’expertise de nombreux partenaires administrations, scientifiques, ONG l’organisme a défini une nouvelle feuille de route quinquennale. Entre bilan de treize années d’existence et impératifs de transition opérationnelle, l’enjeu est désormais de concilier préservation de la biodiversité et gouvernance inclusive face aux défis du changement climatique et des pressions anthropiques croissantes.
Passer du stade des recommandations à celui de la « transition opérationnelle ». C’est, en substance, l’ambition qui a guidé les trois journées de travaux. Dans son discours de clôture prononcé au nom du secrétaire exécutif de l’ANPN empêché, Stéphan Ntié, conseiller scientifique, a souligné la portée de l’exercice: «Cet exercice de rétrospection, conduit avec lucidité et rigueur, nous a permis de mesurer le chemin parcouru, d’identifier les acquis majeurs, mais également de reconnaître les limites, les insuffisances et les défis persistants auxquels nous devons désormais répondre avec davantage d’efficacité et de cohérence».
Le bilan témoigne d’avancées notables. Le conseiller scientifique a salué la «structuration du réseau des aires protégées aquatiques, la surveillance et la protection des écosystèmes marins, les partenariats scientifiques et techniques, ainsi que le renforcement progressif des capacités humaines». Ces acquis, a-t-il précisé, «constituent une base solide sur laquelle nous pouvons et devons bâtir la prochaine phase du programme marin de l’ANPN».
Une approche intégrée désormais nécessaire
L’heure n’est plus à la seule protection. «Cet atelier nous a également rappelé que la conservation marine ne peut plus être pensée uniquement sous l’angle de la protection», a insisté Stéphan Ntié. «Les enjeux actuels et futurs nous imposent une approche intégrée, conciliant préservation de la biodiversité, gouvernance efficace, financement durable et valorisation responsable des ressources marines».
Cette mutation stratégique répond à un contexte marqué par le changement climatique, les pressions anthropiques croissantes et les attentes légitimes des communautés et de l’État en matière de développement. Koumba Kombila, coordinateur de Gabon Bleu, a traduit cette vision en opportunité politique: «L’entrée du Gabon dans la Cinquième République nous offre une opportunité majeure: celle de repositionner le programme Gabon Bleu comme un levier stratégique de la politique nationale de conservation, mais aussi comme un pilier de l’économie bleue durable, au service du développement du pays et des générations futures».
Des orientations stratégiques pour 2026-2031
Les trois journées de travaux ont permis de dégager des orientations concrètes. Selon Stéphan Ntié, elles se traduisent désormais en «plans d’actions concrets, indicateurs de performance et besoins de financement» constituant «une base de travail structurante pour l’élaboration de la future stratégie du programme marin de l’ANPN».
Le conseiller scientifique a salué «la contribution des conservateurs, anciens et en poste, des équipes techniques de l’ANPN, des administrations partenaires, des scientifiques et l’ensemble des experts mobilisés». Cette «diversité des regards et des expériences» constitue, selon lui, «l’intelligence collective qui permettra au programme marin de l’ANPN de franchir un nouveau cap».
Pour Koumba Kombila, cet élan collectif devra perdurer: «Les défis sont grands, mais la vision est désormais plus claire, les priorités sont identifiées et la volonté commune est manifeste».
Reste l’impératif de traduire les recommandations en actions. «Les conclusions issues de cet atelier ne doivent pas rester au stade de recommandations», a martelé Stéphan Ntié. «Elles engagent l’ANPN à un devoir de traduction opérationnelle, de suivi et d’évaluation. Elles appellent également à un renforcement de la coordination interinstitutionnelle, à une mobilisation accrue des partenaires techniques et financiers, et à une gouvernance plus inclusive et performante des aires protégées aquatiques».
L’ANPN dispose désormais d’une feuille de route pour les cinq prochaines années. Reste à transformer cette vision partagée en réalisations concrètes pour un patrimoine marin couvrant plus de 50 000 km2.





