Africa-Press – Gabon. Maintenue le 5 janvier 2026, jour de reprise des cours dans les établissements scolaires après les fêtes de fin d’année, la grève des enseignants a paralysé les écoles, sur l’ensemble du territoire. A Port-Gentil, le collectif SOS Éducation, section Ogooué-Maritime a haussé le ton et prévenu le gouvernement. «Cette fois, c’est ça ou rien», ont-ils averti. Une reprise scolaire a donc été totalement bloquée.
La rentrée des classes après les fêtes du nouvel an, n’aura été qu’un rendez-vous manqué. À Port-Gentil comme dans les autres villes du pays, les salles de classe sont restées désespérément vides. Élèves renvoyés à leurs domiciles, cours suspendus, et établissements à l’arrêt. Dans ce contexte, le système éducatif gabonais est une nouvelle fois plongé dans la tourmente.
Cette paralysie provoque une vive inquiétude chez les parents d’élèves, pris au piège d’un bras de fer de plus en plus tendu entre enseignants et autorités publiques. Les enseignants, regroupés au sein de la plateforme SOS Éducation-Ogooué-Maritime, ont officiellement rejoint la grève générale illimitée observée sur toute l’étendue du territoire national. Dans un communiqué, d’un ton ferme, le collectif a dénoncé le silence des autorités face au préavis de grève déposé, le 8 décembre 2025. «Face au mutisme des autorités, le collectif SOS Éducation réaffirme sa décision de durcir le mouvement sans service minimum», a averti la plateforme.
Revendications salariales, administratives et structurelles
Les enseignants réclament, entre autres la régularisation immédiate des situations administratives avec effets de solde, le paiement intégral des rappels de salaire, l’effectivité des primes (éloignement, logement, transport, allocations familiales), la mise en solde des enseignants bénévoles et des 900 enseignants des sciences, l’affectation immédiate des enseignants sortants des grandes écoles (ENIL, ENS, ENSET, INSG). À ces revendications s’ajoutent des exigences structurelles. Ils veulent la mutuelle santé, les primes de risque, la limitation des effectifs par classe, l’amélioration des conditions de travail, la réforme de la retraite et la suspension de certaines réformes pédagogiques jugées inadaptées.
Si le ministère de l’Éducation nationale a engagé des réunions de concertation avec les partenaires sociaux, les enseignants dénoncent un dialogue sans effets visibles. Aucun calendrier précis, aucun paiement effectif, aucune régularisation notable n’ont été observés sur le terrain.
Une année scolaire menacée
Déclenchée en décembre 2025 après une grève d’avertissement de 72 heures, la contestation s’est progressivement durcie. La poursuite du mouvement fait désormais craindre un retard important dans l’exécution des programmes scolaires, voire une année scolaire 2025-2026 gravement compromise.
Au-delà du conflit social, cette grève met une nouvelle fois en évidence les dysfonctionnements profonds du système éducatif gabonais. Tant que les revendications resteront sans réponses concrètes, l’école gabonaise continuera d’évoluer au ralenti, au détriment de milliers d’élèves.





