Grève Illimitée à Gabon 1ère et Radio, Silence Public

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Grève Illimitée à Gabon 1ère et Radio, Silence Public
Grève Illimitée à Gabon 1ère et Radio, Silence Public

Africa-Press – Gabon. C’est un signal fort et lourd de conséquences pour l’information publique au Gabon. Depuis ce jeudi 22 janvier 2026, Gabon 1ère et Radio Gabon tournent au ralenti, frappées par une grève générale illimitée qui fragilise le service public audiovisuel. Journaux écourtés, programmes amputés, agents déterminés: derrière le service minimum, une crise ancienne et politique éclate au grand jour. Dans un contexte national déjà marqué par de fortes tensions sociales, ce bras de fer amène à une question centrale: jusqu’où l’État peut-il laisser s’installer le silence sans en payer le prix démocratique?

Le service public audiovisuel gabonais est officiellement entré en zone de turbulences. Depuis ce jeudi 22 janvier 2026, les agents de Gabon Première et de Radio Gabon, regroupés au sein du groupe Gabon Télévisions, ont déclenché une grève générale illimitée, marquant une rupture inédite dans le fonctionnement de l’audiovisuel public.

Dès les premières heures du mouvement, un service minimum strict a été instauré. Les agents, soumis au régime de la Fonction publique, limitent désormais leurs activités à la tranche horaire allant jusqu’à 15 heures. Conséquence immédiate: les journaux télévisés et radiophoniques, habituellement diffusés sur 30 minutes voire plus, sont réduits à 10 minutes. La production de programmes est, elle aussi, cantonnée aux plages matinales et au début d’après-midi. La diffusion, dès le premier jour, d’un journal écourté sur Gabon 1ère a confirmé l’entrée effective en grève.

À l’origine de ce mouvement, le Syndicat national des professionnels de la communication du Gabon (Syprocom), l’un des plus anciens syndicat du pays, qui a acté la grève à l’issue d’une assemblée générale tenue le 22 janvier. Le syndicat dénonce l’enlisement de plusieurs dossiers en souffrance: l’instauration d’un statut particulier des communicateurs, le paiement de la Redevance de l’audiovisuel et de la communication (RAC), la réforme du secteur public audiovisuel, la revalorisation de la subvention de l’État, ainsi que le règlement de primes jugées dues au regard des contraintes spécifiques du métier.

Un conflit ancien, un point de rupture assumé

Cette décision intervient pourtant après une tentative de médiation engagée le 18 janvier, au cours de laquelle le tout nouveau ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, avait reçu les responsables syndicaux et les dirigeants des médias publics. Si cette rencontre avait laissé entrevoir un apaisement, le syndicat affirme que le statu quo persistant sur le cahier de charges a rendu la grève inévitable.

Au-delà de ses revendications immédiates, ce mouvement revêt une portée symbolique forte. Il s’agit de la première grève dans l’audiovisuel public depuis la chute du régime de Ali Bongo Ondimba. Ce qui révéle une frustration ancienne jamais résorbée. Les agents parlent d’un «ras-le-bol total» et excluent tout retour en arrière sans réponses concrètes.

Aucune réaction officielle n’ayant encore été enregistrée, plusieurs scénarios se dessinent: une médiation politique rapide pour préserver la continuité du service public, un durcissement progressif du mouvement, ou une contagion sociale accrue, dans un contexte déjà marqué par les grèves dans l’éducation, les tensions dans l’enseignement supérieur et l’émergence de SOS Pétroliers. Autant de signaux convergents qui placent le gouvernement face à une équation sociale de plus en plus pressante.

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