Haut-Ogooué: la Jeunesse dans L’étau des Stupéfiants

1
Haut-Ogooué: la Jeunesse dans L’étau des Stupéfiants
Haut-Ogooué: la Jeunesse dans L’étau des Stupéfiants

Africa-Press – Gabon. À Franceville, Moanda et dans les localités périphériques, la prolifération du cannabis et des drogues de synthèse ne relève plus du simple fait divers. Entre audiences correctionnelles saturées et délitement du tissu social, la province du Haut-Ogooué fait face à un péril narcotique qui menace de sacrifier une partie de sa jeunesse sur l’autel de l’addiction.

Le constat est amer et les chiffres du tribunal de première instance de Franceville ne mentent pas: la lutte contre les stupéfiants est devenue le premier front des autorités judiciaires dans la province du Haut-Ogooué. Dans les couloirs du palais de justice, les audiences de flagrant délit se suivent et se ressemblent, mettant quasi systématiquement en scène une jeunesse désemparée, poursuivie pour détention, consommation ou vente de cannabis.

Il n’y a désormais plus de trêve pour les forces de défense et de sécurité. Des quartiers populaires de la cité minière de Moanda aux artères de la capitale provinciale, Franceville, les réseaux de distribution s’enracinent. Si le «chanvre indien» reste le produit de base, l’apparition de nouvelles substances plus agressives inquiète les observateurs. Ce phénomène n’épargne plus aucune strate, mais frappe de plein fouet les milieux scolaires, transformant les établissements en zones de vulnérabilité.

Les conséquences de cette économie souterraine sont dévastatrices et multidimensionnelles: décrochage scolaire massif des jeunes consommateurs ; recrudescence de la délinquance juvénile et des agressions ; explosion des troubles psychiques, saturant des structures de santé souvent sous-équipées.

La riposte judiciaire et sécuritaire

Face à ce que certains considèrent déjà comme une urgence de santé publique, le Parquet de la République a décidé de durcir le ton. Sous son impulsion, les unités de police judiciaire multiplient les descentes pour démanteler les têtes de pont des réseaux de vente. L’objectif est clair: casser la chaîne d’approvisionnement qui profite de la précarité sociale pour prospérer.

Toutefois, si la répression est en marche, les acteurs de la société civile rappellent que le «tout-répressif» montre ses limites. «La prison ne peut être la seule réponse à une détresse qui est d’abord sociale et psychologique», confie un travailleur social de la place.

Un appel à la responsabilité collective

Pour le Haut-Ogooué, l’enjeu dépasse désormais le simple cadre du maintien de l’ordre. C’est l’avenir même de la province qui se joue. Les autorités appellent aujourd’hui à une «union sacrée» à travers des actions de prévention accrue au sein des familles et des écoles ; sensibilisation par les leaders communautaires; réinsertion pour les jeunes ayant déjà basculé.

Le signal envoyé par la justice est fort, mais la bataille contre l’héroïsme factice des stupéfiants est loin d’être gagnée. Dans les plateaux du Haut-Ogooué, l’État tente de restaurer une autorité mise à mal par des réseaux de plus en plus mobiles, avec une obsession: protéger une génération en sursis.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here