Africa-Press – Gabon. Le Centre hospitalier régional (CHR) de N’tchengué, à Port-Gentil, poursuit sa mue. Lors de la présentation du bilan de l’exercice 2024-2025, le 29 janvier dernier, le Dr Jonas Mboumba a dressé un tableau contrasté: si le plateau technique se modernise de façon spectaculaire, la trésorerie de l’établissement reste asphyxiée par une dette colossale de la CNAMGS, estimée à près de 900 millions de FCFA.
C’est un exercice de transparence auquel s’est prêté le Dr Jonas Mboumba, directeur général du CHR de N’tchengué, face à ses équipes. Énergie, sécurité, social et finances: tous les piliers de la chaîne de soins ont été passés au crible lors d’une séance de restitution qui n’a éludé aucune zone d’ombre. Si le bilan global est jugé «positivement évolutif», les contraintes financières continuent de brider les ambitions de l’établissement.
Le principal point de crispation demeure l’insolvabilité de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Avec une créance avoisinant le milliard de FCFA l’année dernière, et culminant à près de 900 millions de FCFA pour l’exercice 2024, le manque à gagner fragilise l’équilibre de l’hôpital.
«Nous sortons de là partiellement satisfaits. Les recettes de l’hôpital ne sont pas celles que nous attendions», a déploré le Dr Jonas Mboumba, rappelant que ce déficit entrave directement la politique de motivation du personnel, dont 45 % des ressources prévues auraient dû être allouées aux primes. Fort heureusement, l’État a pris le relais avec une subvention passée de 51,9 % à 95 % cette année.
Une modernisation au pas de charge
Malgré ces vents contraires, le CHR de Port-Gentil renforce son attractivité. Grâce à une gestion rigoureuse de ses fonds propres et au soutien de partenaires, l’établissement s’est doté d’un pavillon d’imagerie médicale et a sécurisé son approvisionnement énergétique avec l’installation de panneaux solaires et d’un groupe électrogène de 650 KVA.
Le plateau technique n’est pas en reste: acquisition de 150 potences, 100 tensiomètres, rénovation complète du service de stomatologie avec radiographie dentaire, et renforcement de l’unité de néonatologie grâce à des équipements (couveuses, tables chauffantes) dont une partie a été offerte par la Première dame, Zita Oligui Nguema. Pour parfaire cette image de renouveau, 1 700 blouses neuves ont été remises aux 450 agents du centre.
Le cri d’alarme face à la violence
Toutefois, ce tableau serait incomplet sans évoquer la sécurité des soignants. Le Dr Jonas Mboumba a vigoureusement dénoncé une recrudescence de l’agressivité des usagers. Cinq incidents graves ont été signalés, dont l’agression physique d’une infirmière par un parent de défunt. «On ne va pas attendre qu’on tue le personnel ici pour réagir», a prévenu le DG, annonçant que l’hôpital porterait désormais systématiquement plainte.
Pour l’avenir, le cap est clair. Au-delà de la réfection nécessaire de bâtiments datant de 2001, le projet «suprême» reste la création d’un service de néonatologie complet. Un chaînon manquant jugé indispensable pour la prise en charge des nouveau-nés dans la province de l’Ogooué-Maritime, afin de faire du CHR de N’tchengué une véritable référence sous-régionale.





