Ndong Ndong et Atsame Ella Devant la Justice Bientôt

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Ndong Ndong et Atsame Ella Devant la Justice Bientôt
Ndong Ndong et Atsame Ella Devant la Justice Bientôt

Africa-Press – Gabon. Accusés de diffusion de fausses informations, de propos jugés illégaux et attentatoires à la cohésion sociale, interpellé et conduits, le 3 janvier dernier, à la DGR, le président du Conseil national des rites et traditions du Gabon (CNRTG), Junior Xavier Ndong Ndong, et une autre figure traditionaliste, Juste Olivier Atsame Ella, alias Dokira Atsame, ont été présentés devant procureur de la République ce lundi 5 janvier, en attendant d’être déférés devant une juridiction compétente sous sept jours.

Le président du CNRTG, Junior Xavier Ndong Ndong, et une autre figure traditionaliste, Olivier Atsame Ella alias Dokira Atsame, étaient présentés à la justice ce lundi 5 janvier. Après leur interpellation, le 3 janvier, par la Direction Générale des Recherches (DGR), ils ont été auditionnés puis placés en détention à la prison centrale de Libreville. Objets d’une enquête pour «propos tendant à troubler l’ordre public», ils écopent pour leur dérive langagière.

Aucune preuve concrète

Dans l’ensemble, les chefs d’accusation reposent sur des interventions publiques distinctes. Les deux hommes sont poursuivis pour des faits présumés d’incitation à la haine, de menaces de mort et d’atteinte à la cohésion sociale. Concernant Juste Olivier Ella, ses propos seraient assimilés à une apologie des crimes de sang dits crimes rituels.

Junior Xavier Ndong Ndong, quant à lui, est visé pour des déclarations irrévérencieuses et «tribalistes», lors d’une conférence de presse le 27 décembre dernier à Libreville. Des propos susceptibles, selon de nombreux observateurs et commentateurs, de «porter atteinte à la cohésion et à l’unité nationale».

«L’argent c’est seulement pour les Batéké. La douane, les impôts et le trésor c’est seulement pour eux. La Garde Républicaine et le Cedoc, c’est seulement pour eux. Le reste des Gabonais peut être misérable», a-t-il dit dans des vidéos devenues virales. «Ce système-là, c’est ce système que nous devons détruire à tout prix», a-t-il ajouté, poursuivant avec une certaine arrogance, «qu’ils aillent me porter plainte, j’assumerai mes actes. Je ne fais que dire la vérité».

Les enquêteurs estiment que ces propos, visant une communauté ethnique, constituent une infraction pénale. Par ailleurs, le président du CNRTG aurait insinué que «des personnalités issues de certaines ethnies» qu’il a menacé de mort, préparaient un coup d’État contre le régime en place. Aucune preuve concrète n’a cependant été avancée pour étayer ces accusations.

Atteinte au vivre-ensemble

Parallèlement à Ndong Ndong, Atsame Ella a été mis en cause pour des déclarations prononcées lors d’une émission télévisée sur Gabon Première, abordant le sujet sensible des crimes rituels. Le traditionaliste aurait déclaré: «le sacrifice n’est ni mauvais ni bon. Il dépend de l’acceptation du sacrifice. Le crime, je ne le dis pas mauvais. Il se situe dans la vérité des lois spirituelles… Et si les gens souffrent, c’est leur problème». Des propos ayant suscité l’indignation et entraîné l’action des autorités judiciaires.

À ce jour, face à la réalité, Junior Xavier Ndong Ndong et Olivier Atsame Ella, toujours en garde à vue à la DGR, ont fait leurs mea culpa dans un reportage de Gabon 24. «J’ai tenu des propos qui ont pu heurter et choquer les Gabonais, je fais amende honorable», a déclaré le président du CNRTG.

Au terme de leurs auditions, les deux hommes ont été inculpés. Les autorités leur reprochent d’avoir porté atteinte au vivre-ensemble, facilité la banalisation de la violence et contribué à un climat assimilable à une incitation à la haine. Une enquête est en cours pour établir les responsabilités et déterminer l’étendue exacte des propos. Ils comparaîtront devant la juridiction compétente dans un délai de sept jours.

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