Africa-Press – Gabon. Alors que ce 27 août marque la toute première Journée mondiale des lacs, le Gabon, pays d’eaux et de forêts, rappelle l’importance vitale de ces écosystèmes souvent méconnus. Bien plus que de simples paysages, les lacs sont au cœur des équilibres écologiques, culturels et économiques du pays. Adrien NKoghe-Mba* met ici en lumière ces trésors d’eau douce, où se mêlent biodiversité, traditions et responsabilité collective.
Cette semaine, l’humanité inaugure la toute première Journée mondiale des lacs – 27 août. C’est une date qui, au-delà du symbole, nous invite à réfléchir à la valeur immense de ces miroirs d’eau douce disséminés à la surface du globe. Trop souvent considérés comme de simples décors ou comme de simples réserves de poissons, les lacs sont en réalité des écosystèmes d’une importance capitale: ils régulent les climats, abritent une biodiversité foisonnante, alimentent les cultures, et portent en eux les récits et les traditions des peuples qui vivent à leurs rives.
Au Gabon, pays de forêts et d’eaux, les lacs occupent une place centrale dans notre patrimoine naturel. Ils sont les gardiens discrets d’un équilibre écologique rare et les témoins silencieux du lien profond entre l’homme et la nature. Ici, l’eau ne se limite pas au grand fleuve Ogooué, artère nourricière qui traverse le pays: elle s’épanouit en une constellation de lacs, grands et petits, qui marquent les paysages, soutiennent la vie et nourrissent l’imaginaire collectif.
Le lac Onangué, vaste étendue du Moyen-Ogooué, ressemble à une mer intérieure où la forêt se reflète en un vert profond. Depuis des générations, les communautés riveraines y pratiquent une pêche respectueuse, transmise de père en fils. Le lac Zilé, en Ogooué-Maritime, relie les habitants de Port-Gentil à une nature qui, malgré la proximité urbaine, reste généreuse et fragile. Plus au sud, le lac Bleu de Mouila, dans la province de la Ngounié, est une gemme naturelle: sa couleur turquoise presque irréelle fascine autant les voyageurs que les Gabonais eux-mêmes. Il est devenu un lieu emblématique où la beauté de la nature se fait poésie, rappelant que certains trésors ne demandent qu’à être contemplés pour révéler leur valeur.
Ces lacs ne sont pas seulement des paysages pittoresques. Ils sont des poumons écologiques. Les oiseaux migrateurs y trouvent halte, les poissons y trouvent refuge, et les forêts riveraines y trouvent l’eau qui les nourrit. Leur rôle discret est essentiel: ils régulent les flux hydrologiques, préviennent l’assèchement de certaines zones, atténuent les effets des changements climatiques et constituent des réservoirs pour les générations à venir. Leur importance économique n’est pas moindre: ils soutiennent la pêche artisanale, permettent la circulation locale et offrent un potentiel touristique qui, s’il est bien géré, peut contribuer à un développement durable.
Mais leur valeur ne se mesure pas qu’en chiffres ou en services écosystémiques. Les lacs du Gabon sont aussi des lieux de mémoire et de culture. Ils sont inscrits dans les récits fondateurs, porteurs de légendes et de rituels qui traduisent la relation intime que nos communautés entretiennent avec la nature. Autour de leurs rives, la parole des anciens enseigne aux jeunes générations la patience, le respect et la prudence. Protéger un lac, c’est protéger une bibliothèque vivante, où l’eau conserve la mémoire des peuples et des traditions.
En cette première Journée mondiale des lacs, le Gabon choisit de rappeler sa responsabilité et son ambition: faire de la protection de ses écosystèmes aquatiques un axe majeur de sa politique environnementale. Grâce à ses parcs nationaux, à sa législation sur la protection de la faune et de la flore, et à ses partenariats internationaux, notre pays s’affirme comme un leader africain de la conservation. Cet engagement ne relève pas du hasard: il est né d’une conviction profonde, celle que nos lacs, nos rivières et nos forêts ne sont pas des ressources éphémères à exploiter, mais des trésors à préserver et à transmettre.
La célébration de cette Journée mondiale est donc plus qu’une commémoration. Elle est un appel à l’action. Elle nous invite à regarder ces étendues d’eau avec un regard nouveau: non plus comme de simples paysages, mais comme des alliés, des gardiens et des partenaires. Chaque reflet de lumière sur leurs eaux nous rappelle que protéger un lac, c’est protéger la vie. Chaque histoire transmise au bord de leurs rives nous enseigne que préserver ces sanctuaires, c’est aussi préserver notre identité et notre avenir.
Au Gabon, les lacs ne sont pas seulement des lieux de contemplation. Ils sont une part vivante de notre patrimoine naturel, des poèmes d’eau et de lumière écrits pour la vie, et transmis de génération en génération comme un héritage précieux.
*Président de l’association Les Amis de Wawa pour la préservation des forêts du bassin du Congo.
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