Africa-Press – Gabon. La reprise des cours, pour la suite du 2ème trimestre de l’année scolaire 2025-2026, s’est heurtée au mot d’ordre de grève, lancé par les syndicats du secteur, notamment le Collectif SOS Éducation, la Conasysed et le Séna, très largement suivi dans les établissements secondaires de Libreville et dans les principales agglomérations du pays. Dans la grande majorité des salles de classe, les élèves ont été sevrés de cours, déambulant dans la cour d’école ou aux abords des établissements scolaires, bardés de pancartes et banderoles qui affichaient « grève générale illimitée ».
Au lycée Paul Indjendjet Gondjout (ex-lycée d’Etat de l’Estuaire), c’était le désert d’enseignants. Dès les premières heures de la matinée, les élèves présents ont constaté l’absence quasi totale des professeurs. Le mouvement de grève y est maintenu « jusqu’à nouvel ordre », selon plusieurs sources internes à l’établissement ayant requis l’anonymat.
Sur place, l’atmosphère rappelle davantage celle des congés de Noël que celle d’une rentrée scolaire. Les élèves errent dans la cour, certains regroupés devant les salles de classes et d’autres contraints de rentrer chez eux faute de cours. Une situation d’autant plus préoccupante pour les élèves en classe d’examen.
« Je suis en classe de 4e. Ce matin, on est venus à l’école mais il n’y a pas cours. Les professeurs sont en grève apparemment. Ce n’est pas normal, surtout pour ceux qui passent des examens », confie une élève rencontrée au lycée Indjendjet Gondjout.
Un de ses condisciples d’école à côté renchérit, « il n’y a pas de professeurs, pas d’enseignements. Je suis en classe d’examen et j’ai besoin de bons professeurs pour bien préparer mon examen. S’ils pouvaient régler leurs salaires rapidement pour que les cours reprennent », s’inquiète-t-il.
La situation est la même aux lycées Nelson Mandéla et Raymond Bouckat de Mindoubé 2 ; à une nuance près de constat fait au lycée National Léon M’ba. Ici es membres de l’administration évoquent une rentrée mitigée, marquée par la fatigue liée aux fêtes de fin d’année et le retour progressif des élèves.
Contrairement à ce qui a été vécu dans d’autres grands lycées de la capitale, ici, la situation a été plutôt décrite par le personnel administratif comme non conforme à un arrêt total des cours lié à la grève, même si des perturbations ont été observées.
Mais selon toute vraisemblance, c’est ‘’l’arbre qui cache la forêt’’, d’autant que de leur côté, les élèves se sont plaints de n’ont pas vu passer de ‘’profs’’ dans l’écrasante majorité de classes.
Lancinantes revendications et coup de gueule
Ce nouveau débrayage est lié à des revendications syndicales restées sans suite. Il s’agit notamment de la régularisation des situations administratives avec effet de solde, du paiement des vacations, de l’amélioration des conditions de travail et du respect, mais aussi de la nomination effective des chefs d’établissement encore en situation d’intérim et du respect des engagements par les autorités.
Une accumulation de frustrations qui alimente la colère du corps enseignant et explique la poursuite du mouvement. « Allez-y demander les informations au ministère de l’Éducation nationale », se sont contentés d’indiquer de nombreux chefs d’établissements visiblement dépités.
Cette rentrée scolaire du 5 janvier 2026, prévue dans le cadre de l’alternance cours-évaluations du calendrier pédagogique gabonais, apparaît ainsi fortement perturbée. Pour rappel, l’année scolaire 2025-2026 a débuté en septembre 2025, avec des vacances administratives prévues pour la fin du mois d’août.
Avant la fin du premier trimestre, le Syndicat de l’éducation nationale (Séna) avait déjà brandi la menace d’une grève si les revendications n’étaient pas prises en compte par la tutelle. Une menace aujourd’hui mise à exécution dans plusieurs établissements, comme en témoignent les vidéos relayées sur les réseaux sociaux où l’on entend des enseignants scander le slogan évocateur:« No money, no school ».
Alph ’-Whilem Eslie, proposé par Tryphène Lembah et Christina Thélin Ondo





