Suspension Réseaux Sociaux: Alerte de l’Institut Concorde

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Suspension Réseaux Sociaux: Alerte de l'Institut Concorde
Suspension Réseaux Sociaux: Alerte de l'Institut Concorde

Africa-Press – Gabon. À Libreville, l’Institut Concorde conteste la décision de la Haute autorité de la communication de suspendre les réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire. Invoquant les principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité, l’organisation alerte sur les risques juridiques et institutionnels d’une telle mesure et plaide pour des réponses ciblées, conformes à l’État de droit.

À Libreville, le 18 février 2026, l’Institut Concorde a pris acte de l’annonce faite la veille par la Haute autorité de la communication (HAC) relative à la suspension immédiate des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire gabonais. Une décision exceptionnelle qui, selon l’organisation, appelle à la responsabilité et au discernement des autorités publiques.

Après analyse, l’Institut Concorde estime que la suspension généralisée et indéterminée des réseaux sociaux ne répond pas aux exigences de légalité, de nécessité et de proportionnalité consacrées notamment par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et la Déclaration de principes sur la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique (2019), ainsi que par la jurisprudence constante des juridictions régionales africaines.

Pour l’Institut, une mesure aussi large, non ciblée, dépourvue de base légale explicite et de contrôle juridictionnel préalable, expose le Gabon à un risque juridique sérieux, sur les plans régional et international, ainsi qu’à des conséquences économiques et institutionnelles majeures. Sa position se veut sans ambiguïté: un blocage général des réseaux sociaux ne constitue pas un instrument de régulation conforme au droit.

Préserver l’État de droit sans ignorer les enjeux de stabilité

L’Institut Concorde reconnaît toutefois les tensions sociales actuelles et les défis réels liés à la diffusion de contenus illicites, haineux ou diffamatoires en ligne. Ces dérives, souligne-t-il, doivent être combattues avec fermeté, mais dans le respect du cadre juridique.

Le droit prévoit, selon l’organisation, des réponses adaptées: retrait ciblé de contenus identifiés, poursuites individuelles des auteurs, injonctions judiciaires ou coopération renforcée avec les plateformes numériques. Autant de mécanismes permettant de préserver l’ordre public sans porter atteinte aux libertés fondamentales de l’ensemble de la population.

Un appel au dialogue et à la reprise normale des services

Dans un esprit d’apaisement, l’Institut Concorde appelle les autorités à renoncer à toute mise en œuvre effective de la suspension générale annoncée, à ouvrir un dialogue institutionnel associant pouvoirs publics, régulateur, acteurs du numérique et société civile, et à privilégier des mesures proportionnées et juridiquement sécurisées.

Composé de Gabonais et de Gabonaises aux compétences variées, l’Institut Concorde œuvre en tant que groupe de réflexion (Think Tank) pour repenser l’avenir du Gabon. Pour l’organisation, respect des libertés publiques et stabilité institutionnelle ne s’opposent pas: ils se renforcent mutuellement lorsque l’État de droit est pleinement garanti.

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