Ultimatum Social Dans Le Pétrole: Mission D’Apaisement

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Ultimatum Social Dans Le Pétrole: Mission D'Apaisement
Ultimatum Social Dans Le Pétrole: Mission D'Apaisement

Africa-Press – Gabon. À l’approche de l’expiration du préavis de grève déposé par l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP), le gouvernement gabonais a engagé une offensive diplomatique de dernière minute pour éviter une paralysie du secteur pétrolier, pilier stratégique de l’économie nationale. Porteuse d’un message du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, la ministre du Travail, du Plein Emploi, du Dialogue social et de la Formation professionnelle, Jacqueline Bignoumba, s’est rendue au chevet d’un climat social particulièrement délétère, marqué par la menace d’un arrêt concerté de travail.

C’est dans la salle des réunions du gouvernorat de l’Ogooué-Maritime que s’est tenue, le lundi 26 janvier, une rencontre à forts enjeux entre la ministre et les principales organisations syndicales du secteur, notamment l’ONEP, le Syndicat autonome des pétroliers (SAP) et le Syndicat des employés et ex-employés retraités du pétrole et activités connexes (SEERPAC). L’objectif affiché était clair: ramener l’accalmie dans un secteur miné par des tensions sociales récurrentes depuis 2017 et prévenir la grève générale annoncée pour le 31 janvier à 23h59.

«Depuis des années, le secteur pétrolier est en guerre. Il faut trouver des solutions durables pour l’inscrire dans un cadre de dialogue permanent, de paix et de construction, plutôt que de rester constamment dans le qui-vive», a insisté Jacqueline Bignoumba, appelant employeurs et partenaires sociaux à un sursaut de responsabilité collective et à des réponses structurelles, loin des solutions conjoncturelles prises sous la pression.

Cette initiative gouvernementale intervient après le dépôt, le 18 janvier dernier, d’un préavis de grève par l’ONEP, au terme de près de deux années de revendications jugées insatisfaites par le syndicat. Se posant en médiatrice, la ministre a invité les parties à privilégier la voie du dialogue, tout en reconnaissant la complexité des attentes exprimées, notamment autour de la loi 20, adoptée, selon elle, «sous la pression» et nécessitant une lecture réaliste et circonstanciée.

De son côté, l’ONEP maintient la pression tout en se disant ouverte à la négociation. Le syndicat majoritaire dénonce une dégradation continue du climat social dans le secteur pétrolier et les activités connexes, qu’il impute au manque de volonté de dialogue des employeurs. Parmi les principales revendications figurent la fin de la mise à disposition du personnel jugée illégale, l’alignement des salaires sur les grilles des sociétés utilisatrices avec effet rétroactif, ainsi que l’intégration des travailleurs remplissant les conditions légales.

Tout en réaffirmant sa disponibilité au dialogue, l’ONEP prévient qu’en cas d’échec des discussions, un arrêt concerté de travail sera effectivement déclenché, avec la mise en place d’un service minimum de 40 % de l’activité, limité aux exigences de sécurité des sites, conformément au Code du travail. «Nous restons ouverts aux échanges afin de ramener très vite la sérénité», a assuré son secrétaire général, Sylvain Mayabi Binet.

Dans cette dynamique, une réunion décisive est annoncée pour le mercredi prochain au Palais Rénovation du bord de mer, en présence du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema. Un rendez-vous crucial, à l’issue duquel pourrait se dessiner une issue durable à une crise sociale aux répercussions bien au-delà du seul secteur pétrolier.

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