Zoolende: Village «Star» au Dispensaire FantôMe

1
Zoolende: Village «Star» au Dispensaire FantôMe
Zoolende: Village «Star» au Dispensaire FantôMe

Africa-Press – Gabon. Rendu célèbre par les réseaux sociaux, le village Zoolende cache une réalité sanitaire alarmante que l’artiste Espoir la Tigresse vient de mettre en lumière. Depuis trois ans, l’unique dispensaire de la localité reste désespérément clos dans l’attente d’une inauguration officielle. Entre l’inertie administrative et l’isolement géographique, les populations locales se retrouvent condamnées à une précarité médicale révoltante qui menace chaque jour la vie des mères et des nouveau-nés.

C’est le cri du cœur d’une artiste engagée qui a décidé de confronter le virtuel au réel. Espoir la Tigresse ne s’est pas contentée de l’hospitalité légendaire de ce village de l’Ogooué-Ivindo pour son séjour. Elle a observé avec amertume que, pendant que les rubans attendent d’être coupés par les officiels, la vie des citoyens est mise en péril. La situation est particulièrement critique pour les femmes enceintes qui doivent élaborer de véritables stratégies de survie. Celles qui disposent de ressources financières ou de points de chute familiaux sont contraintes de quitter le village dès le huitième mois de grossesse pour rallier les centres urbains. Pour les autres, la maternité se transforme en une périlleuse roulette russe. «Le dispensaire est toujours en attente, le développement ne doit pas s’arrêter à la capitale ou dans les chefs-lieux. On a besoin de meilleurs accompagnements dans nos villages», a-t-elle écrit sur ses réseaux.

Les distances à parcourir pour obtenir les soins les plus basiques sont abyssales. Makokou se trouve à cent kilomètres de route tandis qu’Okondja se situe à environ cent soixante kilomètres. L’artiste souligne avec émotion que celles qui n’ont pas les moyens n’ont pas d’autres choix que d’accoucher au village, sans véritable assistance médicale. Ce constat alarmant rappelle que Zoolende n’est malheureusement pas un cas isolé dans l’arrière-pays où les infrastructures de base font cruellement défaut malgré la présence de bâtiments neufs.

L’appel d’Espoir la Tigresse résonne désormais comme un réquisitoire contre l’abandon des zones rurales. En affirmant que nos villages se meurent, elle pointe du doigt une gestion administrative qui semble déconnectée des urgences vitales du terrain. Si la communication gouvernementale vante régulièrement l’amélioration de la carte sanitaire nationale, le cas de Zoolende interroge sur la finalité des investissements publics. Entre l’absence de personnel affecté et le manque de matériel, ce dispensaire est le symbole d’un gâchis qui ne pourra être réparé que par l’ouverture immédiate de ses portes.

Thecia Nyomba

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here