Leader D’Opposition Libéré pour Soins au Portugal

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Leader D'Opposition Libéré pour Soins au Portugal
Leader D'Opposition Libéré pour Soins au Portugal

Africa-Press – Guinee Bissau. Le leader de l’opposition en Guinée-Bissau, Domingos Simões Pereira, a été libéré après avoir été détenu en raison d’accusations de participation à des tentatives de coup d’État, afin de lui permettre de se rendre au Portugal pour recevoir des soins médicaux.

Pereira est à la tête du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC). Il a été arrêté lorsque l’armée a renversé le président Umaro Sissoco Embaló le 26 novembre de l’année dernière, et a depuis été transféré entre détention et libération.

Les autorités militaires l’accusent d’avoir participé à une tentative de coup d’État survenue en octobre 2025, affirmant qu’il a contribué à son financement, en plus d’accusations distinctes de crimes financiers et d’implication dans une autre tentative de coup d’État en 2023.

Les deux tentatives de coup d’État alléguées ont eu lieu pendant le mandat d’Embaló, avant son renversement en novembre dernier.

Évaluation médicale et libération

Une évaluation émanant de l’hôpital militaire de Bissau a indiqué que Pereira souffre d’une condition médicale « qui ne peut pas être traitée de manière adéquate en Guinée-Bissau, et qu’il doit donc se rendre au Portugal pour recevoir des soins », selon un document judiciaire.

Le document précise que Pereira « a demandé à être libéré pour des raisons de santé », tandis qu’une source judiciaire a déclaré aux médias que la libération était due à « des raisons humanitaires et juridiques », ajoutant qu’il « n’y avait plus de justification pour son maintien en détention », après que des médecins militaires ont confirmé qu’il souffre d’une maladie nécessitant un traitement.

Par ailleurs, l’agence de presse portugaise Lusa a rapporté que des dizaines de membres de la communauté guinéenne à l’étranger ont accueilli Pereira à son arrivée à l’aéroport de Lisbonne dans la matinée de vendredi, dans une ambiance de joie et d’accueil, le qualifiant de « représentant de l’espoir d’une nation entière ».

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères portugais a confirmé que Lisbonne continuera à travailler, en coordination avec la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine, pour soutenir le retour à l’ordre constitutionnel et au processus démocratique en Guinée-Bissau.

Pereira évite de commenter la crise politique

À son arrivée à Lisbonne, Pereira semblait ému en s’adressant aux journalistes, déclarant qu’il ressentait un « sentiment de liberté », tout en affirmant son intention de retourner en Guinée-Bissau dès que sa condition le permettra.

Il a ajouté: « Je suis guinéen, et je poursuivrai ce combat dès que cela sera possible. Je ne peux pas tourner le dos à mon peuple. »

Malgré l’accueil chaleureux, le leader de l’opposition a évité de commenter les développements politiques en Guinée-Bissau, précisant qu’il souhaitait respecter les conditions de la décision judiciaire qui lui a permis de se rendre au Portugal.

Interrogé sur son état de santé, il s’est contenté de dire qu’il se sentait bien et attendait les résultats de l’évaluation médicale.

Tensions avec le Cap-Vert

Il y a quelques jours, les tensions entre les autorités de transition en Guinée-Bissau et le Cap-Vert se sont intensifiées suite à la détention de Pereira. Le parlement de transition à Bissau a annoncé le 15 juillet la suspension des « relations politiques » avec Praia, sans préciser les mesures concrètes qui en découleraient.

Le parti au pouvoir au Cap-Vert, le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV), a des liens historiques avec le parti de Domingos Simões Pereira en Guinée-Bissau.

Les deux pays ont mené ensemble une guerre de libération contre le colonialisme portugais entre 1961 et 1974, sous la direction du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC).

La Guinée-Bissau a obtenu son indépendance en 1974, tandis que le Cap-Vert a accédé à l’indépendance en 1975, et les deux pays ont continué dans le cadre d’un projet politique commun, adoptant un hymne national et un drapeau unis, jusqu’en novembre 1980.

Cette année-là, un coup d’État a renversé le président de Guinée-Bissau de l’époque, Luís Cabral, le frère cadet du fondateur du parti Amílcar Cabral, ce coup d’État ayant officiellement mis fin à l’unité politique entre les deux pays en 1981.

La Guinée-Bissau a connu cinq coups d’État militaires et plusieurs tentatives de renversement des gouvernements depuis son indépendance en 1974.

De plus, la situation de pauvreté extrême et les troubles politiques dans ce pays d’Afrique de l’Ouest ont contribué à en faire un terreau fertile pour la corruption et le trafic de drogue.

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