Pêche artisanale : 10 embarcations guinéennes arraisonnées par la marine bissau-guinéenne

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Pêche artisanale : 10 embarcations guinéennes arraisonnées par la marine bissau-guinéenne
Pêche artisanale : 10 embarcations guinéennes arraisonnées par la marine bissau-guinéenne

Africa-Press – Guinee Bissau. C’est une situation qui préoccupe la Fédération guinéenne de la pêche artisanale. Dix pirogues venues de ses rangs ont été arraisonnées en fin de semaine dernière par la marine bissau-guinéenne.

Les moteurs de ces embarcations ont été saisies et leurs capitaines interpellés et conduits en Guinée Bissau. L’organisation dénonce ces agissements et s’interroge sur le silence des autorités guinéennes, a constaté Guineematin. com à travers un de ses journalistes.

Selon Fodé Idrissa Kallo, responsable en charge de l’information et de la communication de la Fédération guinéenne de la pêche artisanale, ces arrestations ont eu lieu les 12 et 13 novembre 2022, à la frontière maritime entre la Guinée et la Guinée Bissau.

« Le samedi 12 novembre dernier, les agents de la marine bissau-guinéenne sont venus arraisonner trois embarcations guinéennes, enlever les moteurs et les capitaines des équipages. Ils sont partis avec les moteurs et les capitaines des trois embarcations, laissant les embarcations en mer.

Le dimanche 13 novembre aussi, ils sont venus arraisonner sept autres embarcations dont ils ont également enlevé les moteurs et les capitaines pour aller avec eux », a-t-il indiqué.

Il ajoute qu’il y a une autre embarcation qui a cherché à s’échapper pour éviter d’être arraisonnée par les agents de la marine bissau-guinéenne et qui n’est jusqu’à présent pas retrouvée.

Les pêcheurs qui étaient dans les pirogues dont les moteurs ont été saisis, eux, ont été sauvés grâce à leurs téléphones portables. « Heureusement que les pêcheurs qui restaient dans ces embarcations séparées de leurs moteurs avaient des téléphones sur eux.

Puisqu’il y avait également le réseau (téléphonique) dans la zone, ceux-ci ont pu être sauvés après qu’ils ont eurent appelé leurs collègues ».

Quant aux capitaines des embarcations arraisonnées, Idrissa Kallo indique qu’ils sont toujours retenus en Guinée Bissau. « Jusqu’à présent, les moteurs et les capitaines sont en Guinée Bissau.

On demande aux pêcheurs de payer 3 500 000 francs CFA pour chaque embarcation pour libérer les capitaines et les moteurs. Pourtant, il y a la commission sous-régionale dont la Guinée est membre.

Quelle est l’importance maintenant que la Guinée soit membre de la commission sous-régionale ? Tout le monde sait qu’on ne peut pas enlever les moteurs des embarcations et laisser les embarcations en mer comme ça.

Ça, c’est de la piraterie, c’est du brigandage. On se demande maintenant quel est le rôle de la marine nationale. Ça veut dire que du côté guinéen, il n’y pas de patrouille.

Parce que ce sont les agents de la Guinée Bissau qui règnent en maîtres absolus dans cette zone. Ils exercent ces pratiques contre les embarcations guinéennes, contre les pêcheurs guinéens.

On ne doit pas laisser ça comme ça, sans que les autorités guinéennes ne réagissent. Il faut qu’il y ait une solution à ça. Je sais que le préfet de Boké est saisi, d’autres autorités guinéennes aussi sont saisies.

Mais il faut une solution définitive à ce problème, parce que les pêcheurs ne peuvent plus continuer à être attaqués comme ça en pleine mer ».

D’ailleurs, souligne-t-il, rien ne dit que ces pirogues étaient dans les eaux territoriales de la Guinée Bissau. « Vous savez, il y a un problème de zonage au niveau de la zone nord de la Guinée.

Cette partie, qui sert de frontière maritime entre la Guinée et la Guinée Bissau, n’est pas zonée, les pêcheurs artisans guinéens où bissau-guinéens peuvent franchir cette frontière maritime pour exercer leurs activités de pêche dans les eaux qui ne leur appartiennent pas.

Si ce sont les filets qui sont mis à la limite entre la Guinée et la Guinée Bissau, les vagues ou le vent peuvent les faire disparaitre et les pêcheurs de tous les deux côtés peuvent franchir la limite sans se rendre compte. Parce que, certains ne sont pas équipés en appareils GPS pour savoir où se trouve exactement la limite. Et ça, c’est un problème.

Donc, à l’heure qu’il fait, je ne peux pas confirmer ou infirmer que les embarcations arraisonnées étaient dans la zone de la Guinée ou de l’autre côté de la Guinée Bissau », a dit le responsable de l’information et de la communication de la Fédération guinéenne de la pêche artisanale, qui déplore l’inaction des autorités guinéennes face à cette situation.

« Quand la Guinée a arraisonné 38 embarcations du Sénégal, c’est le ministre sénégalais de la pêche qui s’est déplacé en Guinée par vol spécial pour venir régler le problème.

Donc nous, on se demande quel est le rôle que la préfecture maritime joue pour la sécurité de nos pêcheurs. Le ministère de la défense, le chef d’État major de la marine et le ministère de la pêche, on se demande qu’est-ce qu’ils attendent pour réagir à cette situation.

Depuis samedi, 12 novembre dernier, jusqu’à présent, il n’y a eu aucune suite, alors que les capitaines sont là-bas avec les moteurs des embarcations. Ça ne peut pas continuer comme ça. Il faut que ça change », a martelé Fodé Idrissa Kallo.

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