vendeurs et importateurs de pneus se plaignent de la hausse des taxes douanières au port autonome

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vendeurs et importateurs de pneus se plaignent de la hausse des taxes douanières au port autonome
vendeurs et importateurs de pneus se plaignent de la hausse des taxes douanières au port autonome

Africa-Press – Guinée. C’est une période de vache maigre pour les importateurs et les vendeurs de pneus en Guinée. Depuis que les taxes douanières sur l’importation des pneus ont été revues à la hausse au niveau du port autonome de Conakry, les acteurs de ce secteur d’activité tirent le diable par la queue.

Visiblement, cette hausse des taxes a entraîné une hausse des prix sur le marché. Et, les clients ne se bousculent plus devant la porte des vendeurs de pneus. Ce qui entraîne des difficultés financières qui impactent même les activités des importateurs de pneus.

A la SIG Madina (au marché Madina) vendredi 18 novembre 2022, l’ambiance est plutôt morose. Almamy Samory Touré, vendeur de pneus, se plaint d’une baisse de son chiffre d’affaires.

« Bon, aujourd’hui, la vente a baissé suite à l’augmentation des taxes douanières. Ça fait que nous aussi on est obligé d’augmenter les prix. Et, ça fait fuir les clients. Donc, habituellement, le nombre de pneus qu’on pouvait vendre dans la semaine, on ne peut même pas vendre ça maintenant dans le mois. C’est extrêmement difficile. Dans les temps, un conteneur de 40 pieds était dédouané à 45.000.000 de francs guinéens. Mais, aujourd’hui, on parle de 150.000.000 de francs guinéens », a-t-il déploré.

Selon lbrahima Kalil Diané, vendeur de pneus en provenance de Dubaï, le dédouanement d’un conteneur de pneus a augmenté de 20% au port autonome de Conakry. Et, cette hausse des taxes ayant inévitablement entraîné la hausse des prix des pneus sur le marché, les clients se font de plus en plus rares. Depuis plus de dix (10) jours, Ibrahima Kalil Diané n’a pas pu vendre même un pneu. Il contemple désespérément sa marchandise en train de prendre poussière.

« Sur un conteneur aujourd’hui, il y a eu une augmentation de 20 %. Avant, on faisait le dédouanement à 115 000 000 de francs. Mais, aujourd’hui, ça va dans les 135.000.000 de francs guinéens pour un conteneur, Conakry-Doubaï. Ça aussi, il n’y a pas de clients. Aujourd’hui, nous souffrons énormément. Moi, par exemple, depuis le 5 novembre, c’est aujourd’hui, le 18 novembre, que j’ai vendu. J’ai vendu aussi que deux pneus. À peu près 12 à 13 jours je n’ai pas vendu. Ils (les clients) ne viennent pas. Parce que si tu entends discuter, c’est que tu as la possibilité d’acheter. Mais, ils ne viennent pas, il n’y a pas d’achat, il n’y a pas de clients. On parle du prix, c’est si le client vient pour acheter. Mais, si le client ne vient pas, ça veut dire qu’il n’a pas le pouvoir d’achat. Et, si le pneu coûte 500.000 francs guinéens, c’est si le client vient au moins tu peux lui donner à 400.000 francs guinéens », a-t-il expliqué avec une certaine désolation.

Pour Soriba Soumah, le seul client venu acheter de pneus que nous avons rencontré à la SIG Madina, c’est la consternation. Il venu avec l’intention d’acheter quatre (4) pneus ; mais, avec la hausse des prix, il ne peut s’offrir que trois pneus avec l’argent qu’il dispose.

« Comme aujourd’hui, je suis venu, je dois acheter au moins quatre (4) pneus. Mais, je vais acheter trois (3) pneus, deux (2) pneus pour les camions et un (1) pneu pour le pick-up. Normalement, les pneus, on doit changer en paire, mais si vous voyez qu’on achète par un (1), ce n’est pas bon pour nous-mêmes et pour la voiture. Normalement, même si c’est un (1) qui est gâté, on doit changer en paire. Mais, on vient en fonction de nos moyens. Parfois même, tu es obligé d’aller acheter les pneus en occasion. Sinon, normalement, les pneus, il y a une date, quand tu fais trop de courses, chaque six (6) mois ou huit (8) mois, tu dois changer de pneus », a-t-il indiqué.

Pour cet autre vendeur de pneus, Abdoulaye Sidibé, les clients viennent par moment. Comme les autres vendeurs, il souffre de la hausse des taxes pour les pneus. Mais, monsieur Sidibé dit avoir mis en place « des tic-tacs (une stratégie de commerce en langage familier entre vendeurs à Madina) » pour pouvoir écouler sa marchandise sans trop de difficultés.

« Chez-nous, les clients viennent. Tu sais, il faut savoir comment gérer le marché ; et, quand tu connais ça, tu sauras comment ça va aller. Il faut savoir des tic-tacs. Quand les clients viennent, ils discutent, s’ils ont l’habitude d’acheter à une somme et ils n’ont pas ce montant, ils le disent. Et, nous aussi, on est obligé de leur donner, parce que c’est la clientèle », a-t-il indiqué.

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