Achat de « faux » lingots d’or : un Togolais, un Guinéen et un Ivoirien jugés dans une affaire de 360 mille dollars

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Achat de « faux » lingots d’or : un Togolais, un Guinéen et un Ivoirien jugés dans une affaire de 360 mille dollars
Achat de « faux » lingots d’or : un Togolais, un Guinéen et un Ivoirien jugés dans une affaire de 360 mille dollars

Africa-Press – Guinée. Le procès de Naroumba Malick Kaba (Guinéen), Popossi Pagnan et Amara Soumahoro (ressortissants Togolais et Ivoirien, respectivement) s’est poursuivi hier, mardi 29 novembre 2022, au tribunal de première instance de Dixinn. Ils sont poursuivis pour escroquerie dans une affaire de « faux » lingots d’or, d’une valeur de 360 000 dollars US au préjudice de Somasunam Saravanan Kathiresan, un ressortissant Indien.

Les débats ont commencé depuis le 13 novembre, comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches. Popossi Pagnan, promoteur immobilier Togolais ; Amara Soumahoro, collecteur d’or Ivoirien ; Naroumba Malick Kaba de nationalité guinéenne sont jugés dans une affaire de 8 kilogrammes d’or.

Pour la journée de ce mardi, ce sont Popossi Pagnan et Naroumba Malick Kaba qui ont fait leur déposition. Ils ont tous plaidé non coupable.

Le premier à s’expliquer est le Togolais Popossi Pagnan, en détention préventive depuis le 15 février 2022. Il soutient n’avoir joué qu’un rôle de facilitateur dans la transaction. « J’étais facilitateur avec mes partenaires indiens. Mes partenaires sont venus à Conakry deux jours avant moi. Je suis arrivé le 30 janvier 2022. J’ai rencontré mes partenaires Indiens. Le 2 février, j’ai rencontré monsieur Malick Kaba. Je suis reparti au Togo le 3 février, et le 7 je suis revenu. Le 8 février 2022, on a fait la transaction dans le bureau de la société Zion Mining. Le 9 février, on a fait le test des lingots d’or. Quand je suis venu le 30 janvier rejoindre les partenaires qui étaient là, la transaction n’a pas eu lieu par manque de testeur. Le lendemain, ils ont insisté à ce que Malick Kaba fasse venir un spécialiste pour faire le test. Ce dernier a fait venir monsieur Amara Soumahoro (l’Ivoirien). Il est venu, il a testé avec le spectromètre. Après le test, il a confirmé que c’est de l’or. Le test a révélé devant les partenaires Indiens que l’or était de bonne qualité. Il a fait son rapport et a quitté les lieux avant nous. Ils étaient tous contents et satisfaits. Ils ont acheté les 8 kg d’or à 360 000 dollars. L’argent a été versé sur la table de Malick Kaba à la société Zion Mining. Après cette transaction, j’ai appelé Malick Kaba pour recevoir mes commissions de 8 000 dollars et la facture définitive. Mais il ne m’a pas répondu. C’est après tout ça qu’ils nous ont dit que l’or n’était pas bon », a-t-il expliqué.

Pour sa part, Naroumba Malick Kaba, en détention depuis le 16 février 2022, a argué n’être qu’un simple accompagnateur. Il précise que le propriétaire de la quantité d’or vendu, Aboubacar Bangoura, est en fuite. « C’est Aboubacar Bangoura qui est le fournisseur de l’or. J’évolue depuis 10 ans dans le domaine de l’or et depuis 3 ans, je travaille avec Aboubacar Bangoura. Il a une structure agréée. L’or qui a été vendu est essentiellement venu de la Sierra Leone. Mais avant de procéder à l’opération, on a procédé à la vérification. Quand les indiens sont venus, ils avaient l’intention d’acheter 15 kilogrammes d’or. Je leur ai dit qu’en venant, il faut envoyer avec votre testeur et votre balance. Ils sont venus avec la balance mais sans le testeur. La transaction n’a pas eu lieu, parce qu’il n’y avait pas de testeur. Il était 22 heures. Ils ont voulu laisser l’argent au bureau. Mais, je leur ai dit que je ne prends pas cette responsabilité. C’est ainsi qu’ils sont rentrés et le lendemain, ils sont revenus. C’est en ce moment qu’on a fait venir Amara Soumahoro pour faire le test. On a fait le test devant eux. Il a dit que c’est de l’or de bonne qualité. Ils ont pris la marchandise pour partir avec. Trois jours après, ils m’appellent pour me dire que c’est des faux lingots d’or. Moi, je reconnais avoir testé l’or avec eux et j’ai piloté l’opération de vente. J’ai reçu ma commission de 8 000 dollars. Pour le second test qualifié de faux, je n’ai pas assisté à ce test, parce que moi je leur ai vendu du vrai or », a martelé le second prévenu, Malick Kaba.

Le tribunal a renvoyé le dossier au 13 décembre 2022 pour la suite des débats.

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