Biro Soumah sur l’An 1 du CNRD au pouvoir : « c’est un bilan qui est à 90% négatif… »

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Biro Soumah sur l’An 1 du CNRD au pouvoir : « c’est un bilan qui est à 90% négatif… »
Biro Soumah sur l’An 1 du CNRD au pouvoir : « c’est un bilan qui est à 90% négatif… »

Africa-Press – Guinée. Le lundi 5 septembre 2022, le Comité national pour le rassemblement et le développement (CNRD) va célébrer l’an un de sa prise du pouvoir en Guinée. A l’heure du bilan, des acteurs politiques proches de l’Alliance nationale pour l’alternance démocratique (ANAD) dénoncent la gestion de la junte militaire. Pour Aboubacar Biro Soumah, président du parti pour le Progrès et le Changement (PPC), le bilan du CNRD est négatif à 90%.

Connu pour ses positions tranchées, Aboubacar Biro Soumah n’y va pas du dos de la cuillère pour parler de la gestion du CNRD pendant une année. « S’il s’agit pour moi de juger le bilan politique du colonel Mamadi Doumbouya, je vais vous dire que le bilan est à 90% négatif, compte tenu des engagements non tenus par le président de la transition. Dans les deux premiers communiqués du CNRD, ils ont pris des engagements. Mais depuis qu’il s’est installé, il a mis son gouvernement en place, il a tout changé. Même quand l’ancien Premier ministre, chef du gouvernement, Mohamed Béavogui, a été nommé, il a dit dans son discours qu’ils ne sont pas venus pour développer le pays, mais pour mettre les bases pour le retour à l’ordre constitutionnel. Mais depuis ça, il y a eu un changement radical du côté de la junte militaire. Nous avons vu des violations répétées de la charte qu’eux-mêmes ont constituée, signée et publiée. Il y a eu plusieurs articles qui ont été violés à l’intérieur de cette charte », accuse-t-il.

Pour le président du PPC, il existe des exemples concrets de violation de la charte de la Transition par la junte. « La façon dont le Conseil national de transition (CNT) a été mis en place était une violation. Ensuite, l’article 77 de la charte, qui stipule que le CNRD devrait être en commun accord pour un consensus dans le cadre du chronogramme et le délai de la transition, a été violé. Le CNRD considère aujourd’hui les partis politiques comme leur adversaire, voire leur ennemi juré. Donc aujourd’hui, que ça soit sur le plan militaire et sur le plan civil, il y a eu des tueries. Les droits de l’homme sont violés, tout est violé en République de Guinée. Et il y a une force qui veut s’imposer à la place de la démocratie. Donc, c’est un bilan que moi je ne peux pas apprécier car rien n’est posé pour faire avancer le pays », regrette Biro Soumah.

Poursuivant son intervention, le président du PPC dira que le seul secteur qu’il peut juger positif est celui de l’éducation. « Si je peux apprécier un peu, c’est peut-être le secteur de l’éducation. Là, on peut dire que malgré le fait qu’il y ait eu beaucoup de failles, il y a des réformes engagées par le ministre de tutelle. Si on n’avait pas mis à la retraite un bon nombre d’enseignants, par la faute même de ce gouvernement, on n’allait pas être là aujourd’hui », a-t-il dit.

Parlant des défis à relever pour bien mener cette transition, le président du PPC appelle le Colonel Mamadi Doumbouya à promouvoir et réaliser le dialogue entre les acteurs représentatifs du pays. « Il faut que le Colonel Mamadi Doumbouya comprenne que nous sommes dans une transition. Une transition n’est ni légale ni légitime. La seule chose qui est légitime dans la transition, c’est le dialogue. Ce dialogue ne peut se faire qu’autour des acteurs majeurs de ce pays. Que le colonel Mamadi Doumbouya comprenne que l’ANAD, la CORED, le FNDC politique ne sont pas ses ennemis. Nous sommes des fils de ce pays. Nous sommes nés ici, nous avons des familles ici. Notre lutte, c’est la lutte démocratique. Nous voulons que notre pays soit dans le concert des pays où il fait bon vivre, où la démocratie règne, pour que les guinéens bénéficient des ressources de leur pays… »

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