Africa-Press – Guinée. Déclaré non coupable par la Chambre des appels de la Cour de repression des infractions économiques et financières (CRIEF) après près de quatre ans de détention, l’ancien ministre Ibrahima Kourouma se retrouve au cœur d’un nouveau bras de fer judiciaire.
Poursuivi pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et corruption sur un montant de plus de 600 milliards de francs guinéens, Dr Ibrahima Kourouma doit désormais face à l’appel interjeté par le parquet spécial près la CRIEF. Une démarche qui suscite la vive indignation de ses avocats.
Dans un communiqué rendu public le 18 février 2026, le collectif des avocats de l’ancien ministre Kourouma dénonce avec fermeté l’initiative du parquet spécial dirigé par Aly Touré.
Dans le dossier de l’ancien ministre de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation, le parquet spécial près la CRIEF lui reprochait un détournement présumé portant sur plus de 612 milliards 520 millions de francs guinéens, ainsi que 12 millions de dollars américains.
En première instance, la chambre de jugement l’avait condamné à 4 ans de prison, au paiement d’une amende de 3 milliards GNF et de 5 milliards GNF de dommages et intérêts au profit de l’État, avec en plus la confiscation de plusieurs biens immobiliers et de ses comptes bancaires.
Toutefois, en appel, la Chambre des appels de la CRIEF a prononcé sa relaxe, ordonnant la restitution de l’ensemble de ses biens saisis.
Alors que sa libération était attendue, la décision du parquet spécial d’interjeter appel a provoqué la colère du collectif. ‘’Une telle situation constitue une atteinte grave à la liberté individuelle et une violation manifeste des dispositions légales en vigueur’’, ont dénoncé les avocats.
La défense estime que la loi est sans équivoque sur le sort d’un prévenu relaxé et qu’aucune formalité ne devrait retarder sa remise en liberté, nonobstant tout recours.
Les conseils de Dr Ibrahima Kourouma interpellent ainsi les autorités compétentes, notamment le ministre de la justice et des droits de l’homme, afin que toutes les dispositions soient prises pour faire respecter la décision judiciaire.
Ils exigent l’exécution immédiate de l’arrêt rendu et se réservent le droit d’engager toutes les voies de droit appropriées pour faire cesser ce qu’ils qualifient d’atteinte aux libertés fondamentales.
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