Africa-Press – Guinée. Le parquet du tribunal de première instance de Mafanco a requis la condamnation à 18 mois assortis de sursis contre Abdourahmane Sanoh ce lundi 9 janvier 2023. L’ancien coordinateur du Front national pour la défense de la constitution (FNDC) y est jugé pour des faits de participation délictueuse à des réunions publiques. Des accusations qu’il rejette tout comme ses avocats qui ont plaidé sa relaxe.
Abdourahmane Sanoh, ancien coordinateur du FNDC, a comparu libre ce lundi à Mafanco. C’est aux environs de 12 heures que le tribunal présidé par le juge Souleymane I Traoré a fait son entrée. Sans plus tarder, il a appelé le dossier de Abdourahmane Sanoh, qui a comparu, assisté par 3 avocats. Après son identification, le prévenu a réfuté les faits qui pèsent contre lui avant de revenir sur sa convocation.
« Mercredi dernier, j’ai reçu une convocation pour vérification à 9h38 minutes me demandant de me présenter à la Direction centrale des investigations judiciaires de la gendarmerie nationale (DCIJ/GN) à 10 heures. Je suis venu, je me suis présenté, ils m’ont dit que j’ai été convoqué pour avoir participé à une réunion à Lansanayah. Ils ont demandé si je pouvais être entendu sur PV, j’ai dit oui, mais en présence de mon avocat », a expliqué Abdourahmane Sanoh.
Il a été entendu le lendemain avant d’être déféré au tribunal de Mafanco. Sur la réunion en question, l’ancien coordinateur du FNDC a effectivement reconnu y avoir pris part mais il estime l’avoir fait en respectant la loi. « J’ai participé à une réunion dans une école à Lansanayah avec une quarantaine de personnes sur la création d’une organisation CPR (Citoyens Pour la République) qui a pour vocation de faire la promotion de la citoyenneté. La réunion est totalement conforme à l’article 624 du code pénal », s’est-il justifié.
Après, s’en est suivi la phase des questions posées par le procureur et celles des avocats de la défense, puis le tribunal a ordonné l’ouverture des réquisitions et plaidoiries.
Le procureur, Kanfory Ibrahima Camara a estimé que le prévenu a tenu des réunions avec des citoyens pour les inciter à se révolter contre l’État. « Il a tenu des réunions pour parler d’abord de l’appauvrissement des citoyens par l’État à travers les taxes minières. Certains citoyens ont extériorisé leurs sentiments, leur désarroi lorsqu’il s’agit de ses agissements supposés de l’État. Sans le savoir, il a été filmé et enregistré. Les images en font foi. L’enquête l’a démontré par A+B et effectivement il n’a pas nié. M. Sanoh n’a pas tenu une réunion pour sensibiliser les citoyens comme il le prétend. Cette réunion n’a pas été déclarée. Il a fait fi de cela parce son objectif était d’amener les citoyens à se révolter contre l’État », a-t-il soutenu avant de requérir que Abdourahmane Sanoh soit retenu dans les liens de la prévention et qu’il soit condamné à 18 mois assortis de sursis.
À sa suite, Me Mohamed Traoré, un des avocats de la défense, s’est dit déçu des réquisitions du procureur. « Je suis déçu du réquisitoire du ministère public qui demande la condamnation de mon client sans viser aucune disposition, mais il vous demande quand même de le condamner. Il parle de vidéo et enregistrement mais que personne n’a vu ici et on veut que M. Sanoh soit condamné sur cette base. Dans ce dossier, il n’y a aucune disposition qui l’incrimine. M. le président, ne suivez pas le ministère public dans ses errements », a-t-il plaidé, sollicitant que le tribunal relaxe purement et simplement son client.
Pour son dernier mot, Abdourahmane Sanoh réitère n’avoir rien fait d’illégal.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 11 janvier 2023
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