Manifestation du FNDC à Tombolia (Conakry) : Mohamed Nourdine Camara jugé à Mafanco

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Manifestation du FNDC à Tombolia (Conakry) : Mohamed Nourdine Camara jugé à Mafanco
Manifestation du FNDC à Tombolia (Conakry) : Mohamed Nourdine Camara jugé à Mafanco

Africa-Press – Guinée. Le monsieur là (Mory Kaba) m’a indexé aux agents de la police qui étaient de passage dans leur pick-up. Il a dit que je faisais partie des manifestants qui jetaient les cailloux sur la route. Les agents se sont garés et m’ont demandé si je faisais partie. Je leur ai dit que je ne faisais pas partie et que je revenais de mon lieu de service… Ils m’ont dit alors de monter dans leur pick-up et qu’ils vont me laisser devant. Mais, dès qu’on a quitté le lieu, les agents m’ont demandé 50 000 francs pour que je descende…».

Arrêté le 28 juillet dernier lors de la manifestation du FNDC à Conakry pour « un retour rapide à l’ordre constitutionnel en Guinée), Mohamed Nourdine Camara a comparu ce jeudi, 4 août 2022, devant le tribunal correctionnel de Mafanco. Il est poursuivi devant cette juridiction de première instance pour « participation délictueuse à un attroupement, coups et blessures volontaires, menace et injures » au préjudice de Mory Kaba. Des faits qu’il a réfutés en bloc à la barre.

Mohamed Nourdine Camara est un agent de sécurité dans une société de gardiennage de la capitale guinéenne. Il est accusé d’avoir participé à la manifestation du FNDC, jeudi dernier, à Tombolia-carrefour, dans la commune de Matoto.

« Ce jour, je traversais la route au niveau du carrefour Tombolia. Il y avait des jeunes au carrefour là-bas qui jetaient des pierres. Le monsieur là (Mory Kaba) m’a indexé aux agents de la police qui étaient de passage dans leur pick-up. Il a dit que je faisais partie des manifestants qui jetaient les cailloux sur la route. Les agents là se sont garés ; puis, ils m’ont demandé si je faisais partie. Je leur ai dit que je ne faisais pas partie et que je revenais de mon lieu de service pour prendre mon salaire. Ils m’ont dit alors de monter dans leur pick-up et qu’ils vont me laisser devant. Mais, dès qu’on a quitté le lieu, les agents m’ont demandé 50 000 francs pour que je descende. J’ai obéi à cette injonction. Quand ils m’ont libéré, je me suis retourné chez le vieux qui m’a indexé. J’étais vraiment fâché contre lui. Donc, je l’ai insulté comme je le voulais là-bas. Après, il a fait appelle à ses apprentis qui s’en sont pris à moi pour me frapper avec leurs objets de travail en fer. Ils m’ont blessé. Du coup, il y a un pick-up des forces de l’ordre qui est venu sur place, ils m’ont arrêté. Je ne l’ai pas menacé, je l’ai simplement injurié, parce qu’il m’a accusé à tort », a expliqué Mohamed Nourdine Camara, tout en précisant qu’il était sous l’emprise de l’alcool.

Appelé à la barre, Mory Kaba, vulcanisateur au quartier Tombolia, a laissé entendre que Mohamed Nourdine Camara faisait bel et bien partie de ceux qui jetaient les pierres sur la route. Il a aussi ajouté qu’il a été menacé de mort par ce jeune.

« Ils étaient tous réunis au carrefour prêts à jeter les pierres. Il y avait un petit qui avait démissionné du groupe pour dire qu’il n’est pas dans la violence. Les boutiquiers qui étaient là-bas, y compris moi, leur ont demandé de surseoir à leur intention de manifester. Car, depuis 10 ans, ils font la même chose sans résultat. Entre-temps, ils avaient commencé à jeter quelques pierres sur la chaussée. Moi, je me suis mis à ramasser ces cailloux et bâtons qui étaient sur la route pour la fluidité de la circulation. Du coup, j’ai aperçu à quelques mètres de moi des agents des forces de l’ordre qui l’arrêtait. J’ai dit : ah Dieu merci, ils ont arrêté un d’entre eux au moins. Quelques temps après, pendant que j’étais sur le point de prendre mes ablutions, je l’ai vu en train de proférer des injures. Confus, je me demandais à qui il s’adressait exactement. Soudain, il m’indexe en me disant ceci : vieux, c’est à toi-même que je m’adresse, toi qui m’as déclaré aux agents. C’était toute sorte d’injures de femmes qui a été proférées contre moi. Il s’est jeté sur moi avec un couteau en main. J’ai évité de justesse son coup de main qui venait droit dans mon ventre. En évitant le couteau, je me suis blessé à la main. Les gens qui étaient là-bas ont tenté de le raisonner, il a un ami qui l’a repoussé violemment par derrière pour qu’il arrête. C’est en ce moment que son couteau est tombé, son ami l’a ramassé pour partir avec. Après ça, il a menacé de me tuer. Il a même dit qu’il ira emprunter l’arme de son ami qui est militaire pour me tirer dessus. Et, pendant ce temps, un pick-up est arrivé sur les lieux pour l’arrêter de nouveau. Et, le lendemain, pendant que mon fils fermait la boutique, des jeunes sont venus le menacer avec une arme. Donc, si c’était seulement par rapport à la manifestation, j’aurais pardonné. Mais, ce monsieur m’a menacé de mort, je ne peux pas laisser passer cela. C’est pourquoi j’ai décidé de porter plainte pour que la justice nous départage », a indiqué l’homme de 56 ans.

Finalement, la juge Bamba Kallo a renvoyé le dossier au 18 août prochain pour les réquisitions et plaidoiries. En attendant, Mohamed Nourdine Camara continue à méditer sur son sort à la Maison centrale de Conakry.

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