Africa-Press – Guinée. Le procès de l’ancien président de la délégation spéciale de la commune de Matam et candidat du GMD aux élections communales du 31 mai prochain, Badra Koné, s’est ouvert ce mercredi 29 avril 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Il est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écriture publique, escroquerie, prise illégale d’intérêts, conflit d’intérêts, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité.
Dès l’ouverture des débats, la défense, par la voix de Maître Lanciné Sylla, a soulevé des exceptions en s’appuyant sur les dispositions de l’article 66 du Code électoral, qui interdisent toute poursuite judiciaire contre un candidat à une élection jusqu’à la proclamation des résultats, sauf en cas de flagrant délit.
L’avocat a ainsi sollicité la suspension des poursuites, mais aussi la mise en liberté provisoire de son client afin de lui permettre de participer au processus électoral dans les mêmes conditions que les autres candidats.
En réponse, le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, a rejeté cette argumentation, estimant que les faits reprochés relèvent d’un cas de flagrant délit. ‘’Même si vous êtes le futur président du Parlement, si les faits sont établis, nous vous poursuivrons jusqu’à votre dernier retranchement’’, a-t-il martelé, avant d’inviter la Cour à ‘’rejeter ces exceptions et ordonner l’ouverture des débats’’.
La partie civile s’est alignée sur la position du ministère public, soulignant l’existence d’un flagrant délit et demandant le rejet pur et simple des exceptions soulevées par la défense. Elle a en outre sollicité la fixation d’une caution à hauteur de 200 milliards de francs guinéens, afin de garantir la préservation de ses intérêts en cas de mise en liberté provisoire.
Badra Koné et ses co-prévenus sont poursuivis pour des faits prévus et punis par plusieurs dispositions du Code pénal ainsi que par les lois relatives à la lutte contre la corruption et le blanchiment de capitaux en République de Guinée.
Après une suspension d’audience d’environ 30 minutes, le président de la chambre de jugement, Alpha Camara, a tranché en rejetant l’ensemble des demandes formulées par la défense, notamment l’exception de procédure et la demande de mise en liberté provisoire. Cette décision ouvre ainsi la voie à la poursuite des débats dans cette affaire.





