Un avocat de Dadis au juge Ibrahima Sory 2 Tounkara : ‘’Évitez le piège de l’opinion, M. le président’’

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Un avocat de Dadis au juge Ibrahima Sory 2 Tounkara : ‘’Évitez le piège de l’opinion, M. le président’’
Un avocat de Dadis au juge Ibrahima Sory 2 Tounkara : ‘’Évitez le piège de l’opinion, M. le président’’

Africa-Press – Guinée. La défense de Dadis Camara a entamé ce lundi 10 juin ses plaidoiries avec l’intervention de Maître Almamy Samory Traoré. Ce conseil de l’ancien chef de la junte s’est adressé au juge en charge du dossier du 28 septembre.

Dans ses plaidoiries, le conseil de Dadis Camara déclare avoir une totale confiance au juge et ses assesseurs, avant de souligner que ‘’les magistrats doivent se hisser pas à la hauteur de Dieu mais s’approcher un tout petit peu’’.

‘’Quand on vous donne le privilège, la responsabilité de juger vos semblables, ce n’est pas une fonction, c’est une vertu pour reprendre un haut magistrat de notre pays’’, ajoute-t-il.

Maître Traoré demande au juge Tounkara et à ses assesseurs de ‘’faire attention au piège que les parties civiles et le ministère public à court d’arguments, de démonstrations juridiques, sur la base de faits et de preuves discutés contradictoirement devant votre tribunal, vous tendent pour vous induire en erreur’’.

‘’Je voudrais également attirer votre attention sur le piège que constitue l’opinion publique. Nous sommes dans un pays où un procès aussi sérieux, solennel parce que des guinéens sont décédés ce jour du 28 septembre, ce n’est pas un match de football qui se tient dans cette salle. Nous sommes en train d’écrire l’histoire judiciaire de notre pays, ce n’est pas amusant. Il faut prendre position lorsque les responsabilités auront été établies ou situées par le tribunal que vous êtes. Évitez le piège de l’opinion, M. le président’’, indique l’avocat.

Avant de faire remarquer que juge Tounkara que ‘’votre juridiction n’est pas une assemblée parlementaire où on règle les comptes politiques. Quand on est devant l’assemblée nationale, on peut dire tout ce qu’on veut, parce que là-bas, c’est la liberté d’expression, des convictions politiques, parce que là-bas, le fauteuil du chef de l’Etat est recherché par ses adversaires. Donc, tous les coups sont permis. Mais ici, c’est la recherche de la vérité, de l’histoire de notre pays, de ce qui s’est passé réellement’’.

Cet homme de droit pense que ‘’les parties civiles, les victimes et la société toute entière n’ont pas intérêt que quelqu’un soit condamné ici à tort’’.

Dans ce procès, selon Maître Almamy Samory Traoré, ‘’on ne cherche pas des coupables. On cherche le ou les coupables’’.

‘’Votre mission, M. le président, ce n’est pas absolument de condamner à tout prix. Pour dire non, on a investi beaucoup d’argent, on ne peut pas sortir comme ça de ce procès. C’est le devoir de l’Etat. C’est pourquoi, contrairement aux autres personnes, je refuse catégoriquement de dire merci à l’Etat et j’ai mes raisons’’, martèle-t-il.

Pour lui, ‘’organiser un procès, c’est le rôle régalien de l’Etat. S’il ne le pas fait, on peut le lui reprocher. S’il le fait, on n’a aucune raison de lui dire merci. Ce procès doit être organisé comme tout autre. C’est cela le sens de la justice’’.

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