Greffe : un algorithme pour un meilleur diagnostic du rejet

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Greffe : un algorithme pour un meilleur diagnostic du rejet
Greffe : un algorithme pour un meilleur diagnostic du rejet

Africa-Press – Guinée. Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir – La Recherche n°928, daté juin 2024.

Mieux anticiper le risque de rejet pour optimiser les prescriptions de traitements immunosuppresseurs. L’enjeu est important car si aujourd’hui, le risque de rejet aigu (dans les heures qui suivent la greffe) est assez bien maîtrisé, il n’en va pas de même pour le rejet chronique, survenant après des mois ou des années.

La complexité de la classification internationale du diagnostic de rejet

En effet, selon des mécanismes complexes liés à la qualité de la réponse immunitaire du receveur, à la toxicité des médicaments immunosuppresseurs, mais aussi à des phénomènes biologiques et infectieux, les greffons subissent, au fil du temps, des lésions répétées aboutissant inexorablement à une perte de leur fonction.

“La classification internationale du diagnostic de rejet est devenue tellement complexe ces dernières années que peu de médecins la connaissent par cœur “, détaille le Pr Alexandre Loupy, directeur de l’Institut de transplantation de Paris et du Paris Transplant Group, néphrologue, biologiste et biostatisticien.

L’outil déjà utilisé pour le rein va se décliner sur d’autres organes

Avec son équipe, il a développé pour le rein Banff automation system, un algorithme intégrant la totalité des paramètres, et démontré que près de 45 % des évaluations faites par les médecins étaient fausses et susceptibles de conduire à des prescriptions inadaptées d’immunosuppresseurs. “Mieux diagnostiquer le rejet permet de mieux traiter les patients, explique le spécialiste. On peut ainsi prescrire plus si le rejet est avéré, mais aussi ne pas traiter si ce n’est pas utile. Nous sommes aujourd’hui en train d’évaluer l’impact du recours à cet outil sur la qualité de vie de premiers patients, quelques centaines à ce jour.”

Présenté en mai 2023 dans Nature, l’outil a été validé par différentes sociétés savantes internationales de transplantation et est déjà utilisé pour le rein en France (hôpital Necker-Enfants malades et hôpital Saint-Louis à Paris) et à l’étranger (Cedars-Sinaï Medical Center à Los Angeles, aux États-Unis).

Déjà, l’équipe parisienne, qui travaille aussi sur la xénotransplantation, s’apprête à décliner son outil pour d’autres organes (cœur, poumon, foie). Sans oublier l’axe de recherche des biomarqueurs sanguins et urinaires, comme signature du rejet. “Parmi les candidats prometteurs, la détection dans le sang des patients greffés de l’ADN du donneur semble majeure et nous l’étudions dans des essais en cours en greffe rénale et cardiaque “, indique Alexandre Loupy.

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