Recensement biométrique : le cri de cœur des étudiants de l’ISSEG de Lambanyi (Conakry)

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Recensement biométrique : le cri de cœur des étudiants de l’ISSEG de Lambanyi (Conakry)
Recensement biométrique : le cri de cœur des étudiants de l’ISSEG de Lambanyi (Conakry)

Africa-Press – Guinée. L’opération de recensement biométrique des étudiants des universités et institutions d’enseignement supérieur, lancée depuis plus de 10 jours, se poursuit avec des difficultés pour les concernés. Des étudiants interrogés ne cachent pas leur désarroi et sollicitent plus de souplesse de la part des autorités. C’est le cas de ceux de l’Institut Supérieur des Sciences de l’Education de Guinée (ISSEG), situé au quartier Lambanyi, dans la commune de Ratoma.

Ce recensement biométrique des étudiants guinéens a débuté jeudi dernier, le 24 novembre 2022, à l’ISSEG de Lambanyi. Un certain nombre de documents sont demandés pour ledit recensement. Il s’agit de : une copie légalisée de l’acte de naissance ou jugement supplétif, une copie légalisée de l’attestation d’admission au baccalauréat ou tout autre document équivalent, une copie légalisée du relevé de notes du baccalauréat ou du diplôme équivalent, une attestation d’inscription au programme dans lequel l’étudiant a été orienté ou admis, un certificat médical d’aptitude délivré par une structure reconnue.

Les étudiants rencontrent beaucoup de difficultés pour mobiliser ces documents à joindre à la demande. C’est ce qu’ils ont fait savoir dans un entretien accordé à notre reporter.

Jean Millimouno, étudiant en 3ème année, département Langue anglaise : « Les difficultés sont énormes, par rapport au diplôme par exemple, ce n’est pas facile pour les gens qui viennent de l’intérieur. Tu es obligé de partir jusqu’à l’intérieur ou dire à un parent de te l’envoyer. Personnellement, c’est aujourd’hui 24 novembre que j’ai été à Madina pour récupérer mon diplôme que j’ai demandé depuis Kankan. L’année à laquelle j’ai fait mon bac, les diplômes n’étaient pas sortis. Les diplômes sont sortis l’année passée et voilà d’une manière brusque comme ça on nous demande des dossiers. En plus, il y a certains dossiers, ce n’est vraiment pas facile de les trouver, par exemple le certificat de nationalité guinéenne, tu es encore obligé de partir récupérer ça dans les tribunaux. Là-bas aussi, si tu n’as pas d’argent, on ne te le donne pas. La vie actuelle des étudiants, c’est vraiment difficile. Il y en a certains ici, même 50 mille GNF par mois, ils ne gagnent pas et chaque déplacement que tu veux effectuer, il te faut payer les frais de transport. C’est pourquoi depuis l’annonce de ce recensement, les étudiants sont stressés. Moi, je dirais que le recensement est une bonne chose, mais le gouvernement doit faciliter la tâche aux étudiants et qu’il essaye un peu de prolonger le délai de la date pour aider les autres qui ne sont toujours pas en possession des pièces demandées ».

Mohamed Saliou Camara : « Je suis là concernant le recensement biométrique, ça a débuté cette semaine et ils nous ont demandé quelques dossiers à fournir sur lesquels nous allons faire des démarches. Je peux dire que ce n’est pas facile, moi par exemple aujourd’hui, je suis parti jusqu’à la mairie de Ratoma pour quelques dossiers et légalisation, mais malheureusement mes courses d’aujourd’hui ont été négatives. L’Etat doit revoir le cas des étudiants, surtout l’affaire des dossiers à fournir, c’est vraiment quelque chose qui n’est pas facile ».

Foromo Doré : « je fais la Licence 2 Histoire-Géographie, je viens de Macenta. Je suis vraiment dans les difficultés. On nous demande des dossiers et pour être en possession de ces dossiers, il faut de l’argent et moi là où je suis comme ça, je n’ai pas d’argent. Le gouvernement doit vraiment penser à nous, surtout nous qui venons de l’intérieur ».

Gbilimou Joseph : « Je suis là pour les enregistrements biométriques. Notre tour est prévu entre le 28 et le 29 Novembre. Mais, tout mon souci, c’est comment compléter les dossiers demandés alors que les temps sont durs. Moi je pense que l’argent qu’on a dépensé pour les dossiers-là est beaucoup plus que les pécules que l’Etat a augmentés. Ils doivent vraiment revoir ça sinon, ce n’est pas bon ».

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