Crises alimentaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest : les partenaires s’engagent à agir pour minimiser les impacts

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Crises alimentaires au Sahel et en Afrique de l'Ouest : les partenaires s’engagent à agir pour minimiser les impacts
Crises alimentaires au Sahel et en Afrique de l'Ouest : les partenaires s’engagent à agir pour minimiser les impacts

Africa-Press – Guinee Equatoriale. Plusieurs responsables de pays occidentaux ont pris la parole ce mercredi pour renouveler leur engagement aux côtés des pays du sahel, et du bassin du lac Tchad pour lutter contre la faim et la malnutrition.

C’est à l’occasion d’une consultation de haut niveau coorganisée par le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, l’Union européenne et le Réseau mondial contre les crises alimentaires. La réunion se tenait en ligne et en présentielle à Paris (France).

Tous les partenaires de la région (la France, les Etats unis, la Belgique, le Danemark, la suède, la Suisse, etc…) sont passés au podium, certains en ligne et d’autres en présentiel pour « affirmer leur soutien pour toute action visant à réduire les crises alimentaires dans les pays du sahel et dans les régions du lac Tchad ».

« Le montant total des engagements sera publié vendredi prochain » d’après le comité d’organisation de ces consultations joint par Anadolu

Si quasi-unanimement, les partenaires ont indexé l’invasion de l’Ukraine comme étant un facteur majeur de l’exacerbation de la crise alimentaire post-covid, et qu’il faut accentuer l’aide humanitaire voire l’assistance alimentaire aux pays du sahel et du bassin du Lac Tchad, l’appréciation est mitigée pour certaines organisations indépendantes qui ont pris la parole à cette réunion.

« La dégradation sur le plan de la sécurité alimentaire et nutritionnel est réelle et constante depuis les trois dernières années. Le constat dressé aujourd’hui, n’est pas le fruit d’une invasion ukrainienne. Mais d’abord le fruit d’une inaction et d’une incapacité à répondre aux besoins de la population civile de manière volontaire et déterminée en temps opportun » pense pour sa part, Cédric Bernard, Conseiller Régional à Action Contre la Faim, chargé de la Sécurité Alimentaire et Moyens d’Existence pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Intervenant au nom du groupe de travail régional “sécurité alimentaire et la nutrition”, il a affirmé que « l’assistance alimentaire et nutritionnelle ne résoudra pas à elle seule la crise ».

« Si elle est indispensable, elle doit être combinée avec des réponses visant à atténuer les situations de violations des droits et à changer les causes profondes de ces cycles, en s’adaptant à la situation actuelle, notamment l’impact des changements climatiques, la croissance démographique et l’urbanisation » a-t-il ajouté

En outre, a-t-il poursuivi, « il faut que les Etats s’engagent à réduire de manière proactive leur dépendance de l’importation des denrées alimentaires de base en soutenant des systèmes agricoles localisés, diversifiés et producteurs d’aliments. Cela doit se faire avec un investissement tourné vers l’agriculture familiale de base et adapté aux zones agroécologiques ».

De son côté, Boureïma Adamou, intervenant au nom de “Agir au Sahel”, une organisation membre de la coalition citoyenne pour le Sahel, a appelé à un changement d’approches dans la gestion de l’aide humanitaire. « Les partenaires doivent respecter leur engagement, de mettre 25% des financement au profit des organisations locales » a-t-il dit.

« En 2021 notre budget pour le Mali, le Burkina et le Niger a été couvert à 40 % contre 61 % en 2020. A l’heure actuelle, 21 % des financements qui ont été libérés, ont été versées à une organisation internationale. Pratiquement aucune pour les organisations locales. Ce qui est loin des engagements des partenaires financiers » a affirmé ensuite Boureïma Adamou.

Et pourtant, s’est-il défendu, « c’est nous les acteurs locaux qui sommes plus proche des populations parce que nous en faisons partie ».

« Nous lançons un appel pour une meilleure répartition de l’aide humanitaire en faisant confiance aux acteurs locaux. Ce qui permettra de bâtir un système alimentaire stratégique, réactif et résiliente pour nos communautés. Nous appelons à veiller au financement de l’action humanitaire et à ce que l’aide soit adapté au développement afin de créer une passerelle entre les réponses humanitaires et les actions sur le terrain » a-t-il conclu.

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