Consommation: les poissons importés de Chine envahissent le Kenya

16
Consommation: les poissons importés de Chine envahissent le Kenya
Consommation: les poissons importés de Chine envahissent le Kenya

Africa-Press – Guinee Equatoriale. Au Kenya, les poissons importés de Chine viennent concurrencer la pêche locale. La région de Kisumu, au bord du lac Victoria est réputée pour ses tilapias, consommés frais ou séchés. Que ce soit les pêcheurs ou les femmes sur les marchés, beaucoup dépendent de cette étendue d’eau pour vivre. Mais voilà, depuis quelques années la Chine s’est mise à exporter des poissons vers le Kenya, et ce, à des prix défiants toute concurrence, pénalisant ainsi le commerce local.

De notre envoyé spécial à Kisumu,

Il est presque 8h du matin sur la plage de Dunga, au bord du lac Victoria. Les pêcheurs de nuit sont de retour. Dans les bateaux, les poissons fraîchement attrapés attendent d’être vendus. « Là, c’est la pêche du jour : ici, c’est le tilapia, puis on a le poisson-chat, les perches du Nil et les plus petites perches du Nil », indique Nelson Ocheng Otieno.

En activité depuis plus de 15 ans, ce pêcheur a vu son travail évoluer. À cause de la pollution du lac et des jacinthes d’eau, attraper des poissons en quantité suffisante est en effet devenu plus difficile. Nelson Ocheng Otieno doit aussi, désormais, faire face à la compétition chinoise. Il dit avoir plus de mal à vendre sa pêche.

Ça nous a vraiment très affectés. Les Chinois viennent vendre au Kenya à des prix bien plus bas. Ce poisson frais par exemple, on le vend 3,20 euros, quand son équivalent chinois sera à 1,20 euro. On voit bien la différence. Alors, quand ils apportent ces poissons venus d’autres pays dans nos hôtels, où est-ce qu’on est censés vendre les nôtres ?

Une demande en poisson plus forte que l’offre locale proposée

Des acteurs du secteur ont bien demandé l’interdiction des importations venues de Chine. Mais en réponse, les autorités kényanes mettent en avant un déficit de la production. En 2019, Nairobi a ainsi estimé la demande en poissons et produits de la mer à 500 000 tonnes par an contre 147 000 mises sur le marché par les Kényans cette année-là.

Alors, les produits chinois continuent de circuler. Simon Okumbe est commerçant. À ses pieds, devant le marché aux poissons du centre-ville, un sac est en train de dégeler au soleil. « Ces poissons arrivent congelés de Chine. On les vend ici parce qu’ils sont très compétitifs sur le marché », dit-il.

« Ça vient combler un besoin »

Un prix plus bas, certes, mais une moins bonne qualité. À Kisumu, les habitants s’accordent à le dire : le poisson frais local a bien meilleur goût que celui importé d’Asie. Pourtant, si la vente du poisson chinois est en baisse dans la région, il trouve toujours client, explique Simon Okumbe.

Ça vient combler un besoin. Les gens qui peuvent se permettre de mettre 4 euros par repas vont acheter le poisson kényan. Mais il y a des gens qui ne peuvent pas dépenser 4 euros par repas. Ceux-là peuvent aller dans les quartiers où l’on vend le poisson chinois moins cher, et grâce à ça, ils peuvent nourrir leur famille pour moins de deux euros au total, et avec du poisson ! La différence est énorme. Les gens doivent bien manger !

En réponse, les pêcheurs kényans, habitués à la pêche au filet depuis leur barque, se sont mis à l’élevage en cages dans le lac Victoria… pour produire plus et tenter de concurrencer le poisson chinois.

Pour plus d’informations et d’analyses sur la Guinee Equatoriale, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here