En Guinée équatoriale, l’élection présidentielle avancée de cinq mois

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En Guinée équatoriale, l’élection présidentielle avancée de cinq mois
En Guinée équatoriale, l’élection présidentielle avancée de cinq mois

Africa-Press – Guinee Equatoriale. Le scrutin aura lieu le 20 novembre, en même temps que les législatives. Le candidat du parti au pouvoir pourrait être le président sortant, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, ou son fils « Teodorin ».

Mardi 20 septembre, la Guinée équatoriale a avancé son élection présidentielle de cinq mois, en même temps que les législatives. « Les élections présidentielle, de la Chambre des députés, du Sénat et les municipales sont convoquées le 20 novembre 2022 », selon un décret du chef de l’Etat lu au journal du soir de la télévision d’Etat. A la tête du pays depuis quarante-trois ans, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo détient le record mondial de longévité au pouvoir des chefs d’Etat encore vivants, hors monarchies.

Le seul enjeu résidera dans la désignation, avant le scrutin, du candidat du Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE), qui occupe 99 des 100 sièges de la chambre basse sortante et la totalité des 70 sièges du Sénat : M. Obiang, 80 ans, se présentera-t-il pour un nouveau mandat ou laissera-t-il son fils Teodoro Nguema Obiang Mangue, surnommé « Teodorin », lui succéder ?

Ce dernier, tout-puissant et redouté vice-président chargé de la défense, jet-setteur publiquement assumé, condamné en 2021 à trois ans de prison avec sursis en France dans le cadre des affaires dites des « biens mal acquis », est depuis longtemps considéré comme le dauphin de son père et est omniprésent sur la scène politique depuis deux ans. Mais le congrès du PDGE, qui devait l’introniser candidat en novembre 2021, ne l’a finalement pas fait, à la surprise générale.

Implacable répression

A deux mois du scrutin, les Equato-Guinéens – mais aussi les observateurs et diplomates – s’interrogent aujourd’hui sur qui va l’emporter, de Teodorin ou des caciques du régime, qui voient d’un mauvais œil le fils à la tête de ce petit pays riche de ses hydrocarbures et poussent le père à rempiler. Il y a dix mois, le congrès du parti avait donné lieu à d’inédites querelles entre partisans de Teodorin et de Teodoro, président depuis 1979, quand il a renversé par un coup d’Etat son oncle Francisco Macias Nguema.

L’anticipation de la présidentielle était justifiée dans le décret de mardi par la nécessité de regrouper des scrutins coûteux en pleine crise économique due notamment à « la guerre en Ukraine » et à la « pandémie de Covid », mais les observateurs y voient plutôt la volonté d’un des deux camps de pousser ce qu’il croit être son avantage. L’issue des législatives ne fait, elle, guère de doute, comme à chaque scrutin : le PDGE (parti unique jusqu’en 1991) ne devrait laisser que quelques miettes à des mouvements d’opposition « tolérés », parmi les rares qui ne sont pas la cible d’une implacable répression dénoncée régulièrement par les ONG internationales.

Lundi, M. Obiang a aboli la peine de mort en Guinée équatoriale, mais son régime est régulièrement accusé par les ONG internationales et des capitales occidentales de bafouer les droits humains, avec notamment des « détentions arbitraires », des « exécutions extrajudiciaires » et des « tortures ».

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