Comment les acteurs des mobilités se transforment en travaillant en écosystème

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Comment les acteurs des mobilités se transforment en travaillant en écosystème
Comment les acteurs des mobilités se transforment en travaillant en écosystème

Africa-Press – Guinee Equatoriale. On est plus fort et plus innovant à plusieurs. C’est fort de ce postulat que le secteur automobile et des mobilités cherche aujourd’hui à innover et se structurer pour s’inventer un futur.

Loin de marquer un frein à l’innovation, les récentes crises (Covid, Ukraine…), et leurs conséquences notamment sur les approvisionnements en matériaux stratégiques (nickel, cobalt, lithium…), devraient « stimuler l’innovation partagée et la R&D entre acteurs », assure Marc Mortureux, le directeur général de la Plateforme filière automobile et mobilités, la PFA.

Vous avez dit innovation partagée ? « C’est un thème absolument central aujourd’hui dans l’automobile », poursuit le directeur général de la PFA. Le secteur s’ouvre ainsi de plus en plus « au monde de l’énergie, de la chimie, des télécoms, du numérique, ou encore des infrastructures ».

Des écosystèmes diversifiés

Et d’analyser : « On s’oriente vers des écosystèmes beaucoup plus larges et diversifiés que traditionnellement dans le secteur auto. » Avec de très grands groupes, mais aussi des start-up, sans oublier l’apport de tous les acteurs les plus innovants, qui investissent de façon considérable. Notamment ceux du numérique. On pense à Amazon, Apple, Google, ou encore Tesla.

L’automobile est, en ce sens, poursuit Marc Mortureux, « un concentré de la transition que nous vivons aujourd’hui de façon plus générale ». Avec cette grande question, pour l’instant en suspens : « Quelle sera la part de valeur des acteurs traditionnels dans le futur de la mobilité ? »

L’importance de la digitalisation

Même son de cloche, ou presque, à l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales), où Jean-Philippe Hermine, expert en mobilités et en transition, insiste aussi sur l’importance de la numérisation, qui doit permettre d’accompagner la transition du secteur.

« Systémique, la transition dans les mobilités va, en effet, avoir besoin d’interface entre acteurs, souligne l’expert. Et c’est le digital qui va l’apporter, du moins la fluidifier. » De pointer notamment son apport pour l’intermodalité, le « free floating » ou encore les infrastructures de recharge. A la PFA, Marc Mortureux abonde : « Je pense même que c’est la révolution digitale qui sera la plus créatrice de valeur et de différenciation pour le secteur », avec des véhicules de plus en plus automatisés et intégrés dans leur environnement.

Zéro émission à l’usage

Reste que, pour réussir sa transition, l’automobile et les mobilités vont devoir continuer à investir massivement dans toutes les technologies « zéro émission à l’usage ». Le directeur général de la PFA plaide d’ailleurs pour une diversité de solutions technologiques, pas pour une solution unique. Reste que ce sont « à chaque fois des énormes paris technologiques, insiste-t-il, avec des niveaux de risques très importants. C’est donc pour cela que les innovations doivent s’inscrire dans des logiques de partenariat public-privé ».

Côté technologies, les acteurs planchent notamment sur toutes les innovations liées aux batteries électriques , qui s’inventent au sein de grands partenariats comme ACC, avec Stellantis et Mercedes, ou encore de start-up comme Verkor. Avec comme enjeux à la fois d’« apprendre à maîtriser les process actuels des batteries, mais également de travailler sur les générations futures », analyse Marc Mortureux. Un levier important étant de gagner en densité d’énergie.

Avec, pour les accompagner, de nombreux dispositifs déjà existants, tant au niveau européen, « notamment dans le cadre du dispositif H2020 », souligne Cécile Goubet, déléguée générale de l’Avere-France, l’association professionnelle pour le développement de la mobilité électrique, que national (BPI, Adem …), « dans le cadre des programmes d’investissement d’avenir, les PIA ». Avec également la mise en place de grands fonds d’investissement internationaux, à l’instar du fonds géré par Hy24, pour le développement des infrastructures d’hydrogène décarboné, et doté désormais de 1,8 milliard d’euros !

En pointe sur la transition

Jean-Philippe Hermine se félicite, quant à lui, que « les mobilités soient aujourd’hui en pointe dans la transition environnementale ». Et l’expert de préciser sa pensée : « Avec une trajectoire déjà bien définie, un cadre réglementaire, des solutions technologiques. » Bref, « on a passé la phase d’initialisation, estime l’expert, l’instrumentation politique ayant déjà permis de faire émerger des solutions technologiques et servicielles auprès des consommateurs les plus agiles, ceux ayant le plus de moyens. »

Il convient désormais de passer à la phase de déploiement de masse de ces innovations. « Ce qui demeure le plus compliqué, et le plus risqué », notamment socialement, poursuit Jean-Philippe Hermine, qui prône, pour y arriver, « une approche sociodémographique », avec une instrumentation différenciée tant pour les particuliers que pour les professionnels, en fonction de leurs situations.

Et d’espérer, dès lors, que la transition du secteur automobile et des mobilités peut être : « Juste, équitable. Et pourquoi pas désirable ! Soyons ambitieux. »

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