Découverte d’une nouvelle espèce de dinosaure à bec de canard au Maroc

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Découverte d’une nouvelle espèce de dinosaure à bec de canard au Maroc
Découverte d’une nouvelle espèce de dinosaure à bec de canard au Maroc

Africa-Press – Guinee Equatoriale. Les dinosaures à bec de canard (ou hadrosaures) ont connu un vif succès à la fin du Crétacé. Ce sont des herbivores qui ont colonisé pratiquement toute la Terre jusqu’à la catastrophe de Chixculub qui a causé la disparition de tous les dinosaures non aviens. Ils sont apparus en Amérique du Nord et ont gagné l’Alaska, puis colonisé l’Amérique du Sud, l’Asie et l’Europe.

En 2020, les paléontologues annonçaient la découverte d’Ajnabia odysseus, le premier dinosaure à bec de canard d’Afrique. Cette fois, c’est une deuxième et peut-être même une troisième espèce qui est annoncée.

Gros comme un poney

C’est toujours au Maroc, dans les phosphates du bassin d’Oulad Abdoun (qui ont déjà livré de nombreuses autres espèces de dinosaures) que cette nouvelle espèce a été découverte et baptisée Minqaria bata. L’analyse de ses restes, dont le détail est publié dans la revue Scientific Reports, indique qu’il s’agissait d’un animal qui mesurait environ 3 à 4 mètres de long et pesait 250 kg soit, à peu près, la taille d’un poney.

Même s’il est relativement petit par rapport aux standards des hadrosaures, ses os du crâne étaient étroitement soudés, ce qui signifie qu’il s’agit bien là d’un adulte. De plus, des os plus gros suggèrent l’existence d’une troisième espèce, plus grande, d’environ 5 à 6 mètres de long, mais les fossiles ne sont pas encore assez complets pour permettre de la décrire.

Minqaria ressemble beaucoup à Ajnabia odysseus mais la forme des mâchoires et des dents est différente, ce qui indique qu’il s’agit d’une espèce distincte qui occupait probablement une niche écologique différente. Les deux dinosaures appartenaient à la sous-famille des Lambeosaurinés, connus pour leurs crêtes élaborées. Ces attributs ne servaient pas uniquement d’apparat: ils abritaient de longues voies nasales qui pouvaient résonner comme un cor. “Il s’agissait probablement d’animaux bruyants et vocaux”, souligne, dans un communiqué, Nick Longrich, qui a dirigé l’étude. “Il y avait probablement des troupeaux très bruyants de ces petits becs de canard errant sur les côtes du Maroc il y a 66 millions d’années”.


Le grand voyage des dinosaures à bec de canard

L’anatomie du nouveau bec de canard ressemble beaucoup à celle des espèces européennes, mais entre l’Afrique et le reste des continents, il n’y avait pas de ponts terrestres. Ce qui implique que les ancêtres de ces dinosaures africains ont dû traverser les mers pour arriver là. Ils ont probablement voyagé à bord de radeaux de végétation ou même carrément à la nage: les dinosaures à becs de canard étaient probablement de bons nageurs. Ils sont en effet dotés de membres et d’une queue puissante et de nombreux fossiles ont été retrouvés dans des environnements aquatiques, dans des dépôts fluviaux et même marins.

Les traversées océaniques sont des événements rares et improbables, mais elles ont été documentées au cours du temps. Un des exemples les plus clairs de ces improbables migrations est l’île de Madagascar dont un certain nombre d’espèces, y compris les emblématiques lémuriens, sont originaires d’Afrique et ont gagné l’île à bord de radeaux, il y a entre 60 et 20 millions d’années. De même que les singes ont, eux, traversé l’Atlantique pour coloniser l’Amérique du Sud, il y a environ 40 millions d’années. On sait désormais que les dinosaures se sont aussi essayés à ce mode de transport.

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