Africa-Press – Guinee Equatoriale. L’Inde doit-elle craindre une résurgence grave du virus Nipah? Le 10 janvier 2026, l’institut AIIMS (All India Institute of Medical Sciences) de Kalyani a reçu un appel concernant l’état de santé préoccupant d’une jeune infirmière subissant « une encéphalopathie progressant rapidement » et d’un infirmier travaillant dans le même hôpital, avec de la fièvre et une « détérioration neuro-respiratoire », selon les termes de l’institut, qui a communiqué à ce propos le 13 janvier sur Facebook.
« Compte tenu du regroupement temporel, du lieu de travail partagé et de la gravité, cela a immédiatement suscité des inquiétudes quant à une encéphalite virale à conséquences graves », poursuivait l’établissement indien. Et effectivement, les tests réalisés ont permis de trouver de l’ARN du virus Nipah chez les deux soignants, potentiellement infectés par un patient dont ils avaient tous les deux la charge.
Le Times of India remarquait le 20 janvier que si l’homme va mieux, la femme est toujours dans un état critique. La preuve que ce virus peut être rapidement fatal. Désormais, cinq cas de maladie à virus Nipah seraient comptabilisés. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans les cas d’infection au virus Nipah, « le taux de létalité se situe entre 40% et 75% ».
Comment se transmet le virus Nipah?
Le virus Nipah est un virus à ARN du genre Henipavirus. Il est ce que l’on appelle un virus zoonotique: il se transmet de l’animal à l’humain. Il a pour réservoir naturel les chauves-souris, notamment celles du genre Pteropus. « Le virus est présent dans l’urine des chauves-souris et éventuellement dans les fèces, la salive et liquides libérés lors de la mise bas des chauves-souris », explique l’OMS.
Mais ce ne sont pas forcément des chauves-souris qui déclenchent la transmission directement à un humain: il peut aussi y avoir un hôte intermédiaire. En effet, les porcs sont aussi très sensibles à ce virus, chez qui il est extrêmement contagieux. D’ailleurs, la maladie à virus Nipah a été identifiée pour la première fois en 1998 en Malaisie, dans le village de Nipah, chez des porcs domestiques infectant ensuite des éleveurs. A noter également que les chevaux, les chèvres, les moutons, les chats et les chiens peuvent aussi y être sensibles.
Comme illustré avec le cas des deux soignants indiens, cette maladie se transmet aussi d’humain à humain et le risque dans les établissements de santé peut se révéler considérable. Ainsi, « de 2001 à 2008, environ la moitié des cas notifiés au Bangladesh étaient imputables à la transmission interhumaine du virus lors des soins dispensés aux patients infectés », relate l’OMS. La transmission interhumaine se fait via un contact avec les sécrétions des personnes malades.
Quels sont les symptômes de la maladie à virus Nipah?
Chez l’humain, l’infection peut être asymptomatique. Mais le tableau clinique peut aussi être bien plus sombre avec, dans un premier temps, de la fièvre, des céphalées, des douleurs musculaires, des vomissements et des maux de gorge, liste l’OMS. Ensuite, le patient peut subir des vertiges, de la somnolence, une altération de l’état de conscience et une encéphalite aiguë. Certaines personnes peuvent aussi subir de graves problèmes respiratoires.
« Dans les cas graves, on observe une encéphalite et des convulsions, qui évoluent vers le coma en 24 à 48 heures », précise l’OMS. Les personnes survivantes guérissent généralement complètement mais 20% des patients gardent néanmoins des séquelles neurologiques. Comme indiqué précédemment, le taux de létalité pour cette infection se situe entre 40% et 75%.
Traitements et précautions pour lutter contre la transmission du virus Nipah
Malheureusement, ni médicament ni vaccin n’existent pour le moment pour traiter la maladie à virus Nipah. Les malades reçoivent des « soins de soutien » et la seule solution pour limiter le nombre de cas est donc de prendre des précautions. Par exemple, les chauves-souris impliquées étant frugivores, il est nécessaire de leur empêcher l’accès aux fruits, notamment aux palmiers dattiers. Les fruits dans lesquels les chauves-souris auraient mordu doivent être jetés. Ceux qui semblent sains doivent être néanmoins lavés. En effet, la transmission par aliment contaminé est possible.
Concernant les porcs, l’OMS recommande la désinfection et le nettoyage des élevages de manière régulière afin de prévenir toute infection. Si une épidémie est déclarée, alors l’élevage touché doit être mis en quarantaine et l’abattage des animaux peut se révéler nécessaire.
La transmission interhumaine, quant à elle, s’empêche en limitant les contacts physiques non protégés avec les malades et en se lavant régulièrement les mains. C’est bien ce type de transmission que craignent actuellement les autorités indiennes.
Pour plus d’informations et d’analyses sur la Guinee Equatoriale, suivez Africa-Press





