Africa-Press – Madagascar. Les organisations de la société civile ne prendront pas part au remplacement des membres de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Elles ont clairement exprimé leur position dans une déclaration ferme, affirmant leur volonté de concentrer leurs efforts sur une réforme en profondeur du système électoral plutôt que sur un simple changement de personnes. Elles refusent ainsi d’élire leur représentant au sein de cette entité électorale.
Pour la société civile, la CENI, dans sa configuration actuelle, ne bénéficie plus de la confiance nécessaire pour conduire ces transformations. Investir dans le remplacement des membres actuels de la CENI constituerait une dépense inutile dans un contexte économique déjà fragile, soutient-elle. La société civile choisit de placer au cœur de ses priorités la refonte du cadre légal, du système électoral et de l’organisation des élections.
La démission, jugée tardive, des huit commissaires du bureau de la CENI est néanmoins saluée. Elle est interprétée comme une reconnaissance de leur manque de crédibilité à piloter les réformes attendues. Toutefois, les organisations signataires mettent en garde contre toute tentative de remplacement pur et simple des membres, estimant qu’une telle démarche reproduirait les mêmes dysfonctionnements.
La nomination d’un nouveau président à la tête de l’institution, en la personne de Thierry Rakotonarivo ne rassure pas davantage. Son passé au sein de la précédente CENI, combiné à une désignation par l’Assemblée nationale suivie d’une installation rapide, soulève des interrogations quant à son indépendance et à sa capacité à garantir l’impartialité du processus électoral.
Dans ce contexte, la société civile appelle le Président de la Refondation à ne pas considérer le renouvellement des commissaires comme une priorité. Elle propose plutôt la suppression du bureau permanent de la CENI et la mise en place, à terme, d’une nouvelle structure indépendante issue d’un processus de concertation nationale.
En attendant cette refondation, elle suggère que l’Exécutif assure la gestion des affaires courantes. Parallèlement, les organisations se disent prêtes à collaborer avec les autorités, notamment le ministère chargé de la Réforme, pour organiser un dialogue inclusif impliquant partis politiques et autres parties prenantes.
Les membres du Bureau permanent du CENI sont désignés par différentes entités dont la société civile.
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