Coopération Médiatique Sino-Africaine et Souveraineté

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Coopération Médiatique Sino-Africaine et Souveraineté
Coopération Médiatique Sino-Africaine et Souveraineté

Africa-Press – Madagascar. (Note de l’éditeur: Cet article représente le point de vue de Mamadou Ciré Baldé et pas nécessairement celui de CGTN.)

À l’occasion des Deux Sessions chinoises, CGTN Français a invité des journalistes africains à donner leur avis sur le modèle de coopération entre médias africains et chinois qui permettrait de raconter, de manière plus authentique et plus équilibrée, les trajectoires de développement. Mamadou Ciré Baldé, journaliste de Vision Guinée, nous livre son regard.

Du constat de Mamadou Ciré Baldé, journaliste de Vision Guinée, les médias africains et chinois ont progressivement renforcé leurs interactions. Cette dynamique, encore en consolidation, révèle un potentiel considérable. « En intensifiant la coopération éditoriale, en favorisant l’échange structuré de contenus et en développant des coproductions ambitieuses, ils peuvent accroître significativement leur influence sur la scène internationale. Ce qui offrirait des perspectives plus diversifiées sur les mutations économiques, sociales, technologiques et culturelles à l’œuvre en Afrique et en Chine, tout en contribuant à rééquilibrer un espace médiatique mondial historiquement dominé par des narratifs occidentaux », a-t-il déclaré. Pour M. Baldé, la coopération doit dépasser le cadre de production d’articles, de reportages ou de documentaires pour changer la manière de raconter. « Une coopération médiatique approfondie offrirait l’opportunité de replacer les acteurs locaux au centre du récit, en mettant en lumière les dynamiques internes, les réussites concrètes, mais aussi les défis, sans caricature ni simplification excessive », a-t-il suggéré.

Sur la même lancée, il a encouragé la coproduction, qui constitue un levier stratégique. Lorsque des journalistes africains et chinois conçoivent ensemble un reportage ou une enquête, a indiqué Mamadou Ciré Baldé, ils croisent leurs expériences, confrontent leurs sensibilités et enrichissent l’analyse. « Ce travail collaboratif dépasse la logique du simple relais d’information. Il permet d’élaborer des contenus plus équilibrés, ancrés dans la réalité du terrain et porteurs d’une compréhension mutuelle plus fine. Les grands projets d’infrastructures, les initiatives technologiques, les transformations agricoles ou les dynamiques entrepreneuriales peuvent ainsi être présentés comme des sujets à explorer et à mettre en lumière », a-t-il argué.

Le journaliste guinéen a également évoqué le renforcement des capacités professionnelles qui est, selon lui, déterminant dans cette coopération médiatique. Dans ce sens, des programmes d’échanges, des formations conjointes en intelligence artificielle, production audiovisuelle ou en traitement des enjeux climatiques et numériques contribueraient à élever les standards de qualité tout en respectant les spécificités culturelles.

Avec la révolution numérique, M. Baldé a proposé une mutualisation des expertises technologiques pour développer des plateformes multilingues, des formats innovants et des séries documentaires interactives capables de toucher des publics élargis, notamment les jeunes générations.

La coopération doit proposer un narratif qui embrasse les réalités du Sud global. Pour Mamadou Ciré Baldé, les pays du Sud global disposent d’une diversité d’expériences historiques, de modèles de développement et de visions sociétales qui méritent d’être exprimées selon leurs propres référentiels. Les médias africains et chinois doivent s’unir pour promouvoir un pluralisme authentique où coexistent différentes manières d’appréhender le progrès, la modernité et le développement.

« Raconter nos trajectoires de développement à partir de nos propres voix n’est pas seulement un impératif professionnel. C’est une affirmation de dignité et d’autonomie. La coopération médiatique sino-africaine, si elle s’inscrit dans la durée et l’exigence de qualité, peut devenir un instrument puissant de rééquilibrage informationnel et un vecteur d’un dialogue international plus équitable », a précisé le journaliste guinéen.

Source: Vision Guinee

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