Financement de 150 Millions D’Euros non Effaçable

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Financement de 150 Millions D'Euros non Effaçable
Financement de 150 Millions D'Euros non Effaçable

CE Qu’Il Faut Savoir

Le projet de téléphérique d’Antananarivo, d’un coût de 150 millions d’euros, est au cœur d’une controverse entre Madagascar et la France. L’ambassadeur français a précisé qu’il ne s’agit pas d’une dette, mais d’un financement commercial. Malgré les vandalismes et l’arrêt du projet, le gouvernement malgache souhaite relancer le téléphérique pour améliorer la circulation dans la capitale.

Africa-Press – Madagascar. Il n’y a pas d’endettement vis-à-vis de la France s’agissant du projet de transport par câble, il y a une relation commerciale », a déclaré l’ambassadeur de France à Madagascar, Arnaud Guillois, en marge de la signature de trois conventions de financement d’un montant total de 60 millions d’euros avec le gouvernement malgache. Pour les autorités françaises, le financement du téléphérique d’Antananarivo ne relève donc pas d’une dette contractée entre les deux États.

Lancé sous le régime d’Andry Rajoelina, le téléphérique d’Antananarivo représente un investissement de 150 millions d’euros. Depuis les manifestations du 25 septembre 2025 ayant conduit à l’exil de l’ancien président malgache et donc à l’accession au pouvoir du colonel Michael Randrianirina, il est totalement à l’arrêt. Symbole des réalisations les plus contestées de l’ancien régime, l’infrastructure a été prise pour cible par des manifestants. Plusieurs stations ont été vandalisées et certaines incendiées, leurs détracteurs estimant que ce projet ne répondait pas aux besoins les plus urgents de la population.

Lors de son déplacement en France, où il a rencontré Emmanuel Macron, le président de la Refondation, le colonel Michael Randrianirina a voulu se démarquer de son prédécesseur et a demandé l’effacement du financement lié au téléphérique. Il y a quelques semaines, le tombeur d’Andry Rajoelina a affirmé ne pas avoir encore obtenu de réponse à sa requête auprès des autorités françaises.

A entendre l’ambassadeur français, Arnaud Guillois, le projet repose sur un montage financier à caractère commercial et non sur une aide publique accordée directement par la France à Madagascar. Ce type de financement est encadré par des contrats conclus selon les règles du marché et implique plusieurs intervenants économiques. Contrairement à un emprunt d’État à État, qui peut faire l’objet de négociations diplomatiques ou de mesures d’effacement décidées au niveau politique, ce mécanisme obéit avant tout à des engagements contractuels. C’est cette différence qui conduit la France à écarter la notion de dette bilatérale dans ce dossier.

Le cadre financier du projet avait été défini dès le 20 septembre 2021 avec la signature d’un accord intergouvernemental entre Madagascar et la France. L’infrastructure devait être financée grâce à un prêt du Trésor français. À l’époque, le ministère français de l’Économie et des Finances avait précisé qu’il s’agissait d’un prêt commercial bénéficiant notamment d’une garantie de BPIFrance et d’autres mécanismes de financement.

Malgré tout, le diplomate français a réaffirmé la disponibilité de la France pour échanger sur le sujet. Il a souligné que les autorités françaises restent ouvertes au dialogue, y compris lorsque celui-ci concerne des acteurs privés impliqués dans le projet. Arnaud Guillois a également indiqué que la France a pris note de la volonté exprimée par le ministère malgache des Transports de remettre le téléphérique en service avant la fin de l’année. Une reprise qui pourrait contribuer à atténuer les embouteillages qui pénalisent quotidiennement les habitants de la capitale.

Dans ce contexte, la volonté du gouvernement de remettre l’équipement en fonctionnement apparaît comme une option pragmatique. Une telle décision permettrait de respecter les engagements pris dans le cadre de ce financement, même si les autorités actuellement au pouvoir n’en sont pas à l’origine. Elle offrirait également une réponse partielle aux problèmes de circulation qui paralysent régulièrement Antananarivo. Pour autant, le téléphérique ne saurait, à lui seul, résoudre les défis structurels de la mobilité urbaine dans la capitale malgache.

Le téléphérique d’Antananarivo a été lancé sous le régime d’Andry Rajoelina, représentant un investissement significatif pour la ville. Cependant, des manifestations en 2025 ont conduit à son arrêt, exacerbant les tensions politiques. Le nouveau gouvernement, dirigé par le colonel Michael Randrianirina, cherche à se distancier de l’ancien régime tout en tentant de relancer le projet, qui est perçu comme essentiel pour résoudre les problèmes de circulation à Antananarivo. La France, quant à elle, insiste sur le caractère commercial du financement, écartant la notion de dette bilatérale.

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