Africa-Press – Madagascar. L’ancien président Marc Ravalomanana sort de son silence et adresse une lettre ouverte au président Andry Rajoelina, exprimant de vives inquiétudes à la suite des révélations autour de l’immatriculation de cinq avions Boeing 777 sous pavillon malgache. Il dénonce un « scandale d’immatriculation internationale » aux implications diplomatiques, juridiques et sécuritaires pour Madagascar.
Dans cette missive datée du 28 juillet, Ravalomanana s’appuie sur les informations rendues publiques par l’Autorité de l’Aviation Civile de Madagascar (ACM), qui reconnaît que les documents ayant permis l’immatriculation des appareils ont été « modifiés frauduleusement ». Il fustige l’absence de mesures fermes et indépendantes pour établir les responsabilités, et déplore que l’inspection initiale ait été menée hors du territoire national, en Chine.
L’ancien président pointe du doigt une société récemment enregistrée à Analamahitsy, disposant d’un capital social de seulement 2 millions d’ariary (environ 400 euros), un montant qu’il juge « totalement incompatible » avec la gestion ou la possession de Boeing 777, estimés entre 20 et 30 millions de dollars. Ce décalage soulève, selon lui, des soupçons graves sur la véritable nature de l’opération et ses bénéficiaires économiques.
Marc Ravalomanana demande des explications claires sur les conditions d’obtention des immatriculations, sur l’absence d’inspections locales, et sur les manquements des autorités de l’État dans la protection contre un usage frauduleux du registre national. Il insiste sur la nécessité de rendre publics tous les documents liés à cette affaire, d’identifier les véritables détenteurs économiques de la société en question, et d’autoriser un audit indépendant sous supervision parlementaire et internationale.
Prévenant des risques de sanctions internationales et de perte de crédibilité durable, l’ancien chef de l’État considère le silence des autorités comme une « faute politique grave ». Il conclut en appelant le régime à assumer sa responsabilité et à restaurer l’image du pays sur la scène internationale.
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