Bianco : la lutte contre la corruption piétine

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Bianco : la lutte contre la corruption piétine
Bianco : la lutte contre la corruption piétine

Africa-Press – Madagascar. Le bilan des 20 ans d’existence du Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO) fêté hier à Ambohibao reste mitigé.

Le directeur général du Bianco, Gaby Nestor Razakamanantsoa, nommé il y a un peu plus de trois mois, reconnait qu’il y a différents obstacles qui ne facilitent pas les tâches de son équipe. Le Bianco ne dispose qu’environ 70 investigateurs sur l’ensemble du territoire. Un manque de personnel qui rend le travail compliqué compte tenu de l’étendu de la corruption qui gangrène à tous les niveaux.

Les instances mises en place pour renforcer la lutte contre la corruption n’arrivent pas à mettre la main sur les gros bonnets de la corruption qui semblent contrôler le pays. Les dispositions de la loi ne permettent pas, par exemple, d’atteindre en temps et en heure les chefs d’institutions et membres du gouvernement dans les éventuels actes de corruption qu’ils ont commis. Sahondra Rabenarivo, présidente du comité pour la sauvegarde de l’intégrité (CSI) a évoqué au mois d’août que principal obstacle à la répression effective de la corruption est le faible niveau de sanction pénale et disciplinaire sur les affaires de corruption d’envergure.

Selon un ancien rapport de la FMI, les pays les plus corrompus perçoivent moins d’impôts, car les contribuables paient des commissions illicites pour s’y soustraire, profitant notamment d’échappatoires fiscales conçues en échange de pots-de vin. En outre, lorsque les contribuables pensent que leurs dirigeants sont corrompus, ils sont plus susceptibles de pratiquer la fraude fiscale. Par ailleurs, la corruption empêche la population de tirer pleinement parti de la richesse provenant des ressources naturelles du pays. Étant donné que l’exploitation pétrolière ou minière génère des profits faramineux, elle incite fortement à la corruption. Il ressort que les pays riches en ressources naturelles, en moyenne, ont des institutions plus faibles et des niveaux de corruption plus élevés, rapporte cette étude. Par ailleurs, les pouvoirs publics gaspillent l’argent du contribuable lorsqu’ils s’en servent pour couvrir des dépassements de coûts liés à des dessous de table ou à la manipulation des procédures d’appel d’offres.

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