CE Qu’Il Faut Savoir
La Commission africaine des droits de l’homme a appelé à une protection renforcée des personnes déplacées à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés. Elle met en lumière les défis posés par les politiques d’asile restrictives et les discours xénophobes, tout en soulignant l’importance d’inclure les réfugiés dans les systèmes socio-économiques des pays d’accueil.
Africa-Press – Madagascar. La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a appelé, à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés célébrée le 20 juin, à un renforcement de la protection internationale des personnes déplacées, dénonçant les restrictions à l’asile, les expulsions collectives et la montée des discours xénophobes.
Dans une déclaration rendue publique par sa Rapporteure spéciale sur les réfugiés, Selma SASSI-SAFER demandeurs d’asile, personnes déplacées internes et migrants en Afrique, l’institution continentale souligne que la protection des réfugiés constitue une « obligation juridique » et non un acte de charité, rappelant les engagements issus de la Convention de 1951 sur les réfugiés, de son Protocole de 1967, de la Convention de l’OUA de 1969 et de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
La Commission met en garde contre les conséquences des politiques d’externalisation de l’asile et des restrictions croissantes à l’accès aux procédures de protection, estimant que ces pratiques risquent d’affaiblir les principes de solidarité internationale et de partage des responsabilités au cœur du régime mondial de protection des réfugiés.
Elle exprime également sa préoccupation face à la persistance des détentions arbitraires, des expulsions collectives et des discours de haine visant les réfugiés et demandeurs d’asile, appelant les États à éviter toute stigmatisation et à respecter pleinement le principe de non-refoulement ainsi que le droit de solliciter l’asile.
L’institution continentale alerte en outre sur les effets conjugués des conflits armés persistants au Soudan, au Soudan du Sud, dans l’est de la République démocratique du Congo, au Sahel et dans la Corne de l’Afrique, ainsi que sur l’impact croissant du changement climatique et des catastrophes naturelles, qui continuent d’alimenter les déplacements forcés à grande échelle.
Tout en saluant les efforts des États africains qui accueillent des millions de réfugiés malgré des ressources limitées, la Commission appelle à renforcer les cadres juridiques nationaux, à consolider les systèmes d’asile et à garantir un accès effectif à la protection internationale.
Elle plaide également pour l’inclusion des réfugiés dans les systèmes socio-économiques nationaux, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi et des services publics, estimant que cette approche constitue un levier de développement et de cohésion sociale.
Enfin, la Commission exhorte les États africains à accélérer la mise en œuvre de l’Agence humanitaire africaine et de la Position africaine commune sur l’efficacité humanitaire, estimant que le continent doit être en mesure d’apporter des « solutions africaines » aux défis humanitaires auxquels il est confronté.
La Journée mondiale des réfugiés est célébrée chaque 20 juin à l’initiative des Nations unies, afin de rendre hommage aux personnes contraintes de fuir leur pays en raison de conflits, de persécutions ou de violations des droits humains, et de sensibiliser l’opinion internationale à leur situation.
Cette journée met en avant les droits, les besoins et les aspirations des réfugiés, tout en appelant à une mobilisation politique et financière en faveur de leur protection et de leur intégration. L’objectif est de permettre aux personnes déplacées non seulement de survivre, mais aussi de reconstruire leur vie et de s’épanouir dans leurs pays d’accueil.
Instaurée au niveau mondial en 2001, la Journée mondiale des réfugiés commémore le 50e anniversaire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Elle fait suite à l’ancienne Journée africaine des réfugiés, avant d’être officialisée comme journée internationale par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 2000.
Le thème choisi cette année par le HCR, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, est « Jusqu’à ce que tout le monde soit protégé ».
À travers le monde, cette date donne lieu à de nombreuses manifestations et initiatives associant réfugiés, autorités publiques, organisations humanitaires, communautés d’accueil, entreprises, personnalités et établissements scolaires. Ces événements visent à renforcer la solidarité et à soutenir les personnes déplacées.
Au-delà de la commémoration, cette journée constitue un moment clé de sensibilisation internationale sur la question des déplacements forcés et sur la nécessité de renforcer les mécanismes de protection et d’inclusion des réfugiés.
La Journée mondiale des réfugiés, célébrée chaque 20 juin, a été instaurée pour sensibiliser l’opinion publique sur les défis auxquels font face les réfugiés. Elle commémore le 50e anniversaire de la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés et vise à promouvoir les droits et l’intégration des personnes déplacées. Les conflits armés et les catastrophes naturelles continuent d’alimenter les déplacements forcés à grande échelle, rendant cette journée d’autant plus pertinente. La Commission africaine des droits de l’homme appelle à des solutions africaines pour ces défis humanitaires.





