Africa-Press – Madagascar. Les négociations de l’accord de partenariat économique entre Madagascar et l’Union européenne ont suscité un large débat, après que neuf organisations représentant les agriculteurs et la société civile ont dénoncé ce qu’elles qualifient de « manque de transparence » dans les négociations en cours entre les deux parties. Elles ont souligné que la seizième et dernière ronde de discussions approche de sa fin sans que les parties concernées soient impliquées ou informées des détails de l’accord.
Ces organisations ont adressé un message commun à l’ambassadeur de l’Union européenne et au ministre de l’Agriculture à Madagascar, demandant la divulgation des détails des négociations et la mise à disposition des informations relatives aux clauses de l’accord au public et aux agriculteurs.
Les accords de partenariat économique visent à réguler les relations commerciales entre l’Union européenne et plusieurs pays africains, dont Madagascar. Cependant, les organisations de la société civile ont affirmé qu’elles n’avaient reçu aucune information concernant l’avancement des négociations, malgré l’approche de la phase finale des discussions.
Les inquiétudes de ces organisations portent sur la possibilité d’obliger Madagascar à adhérer à l’accord « UPOV 91 » relatif à la protection des variétés végétales, qui accorde des droits élargis à la propriété intellectuelle liée aux semences. Elles estiment que cet accord pourrait avoir un impact négatif sur les droits des agriculteurs à conserver, choisir, échanger et réutiliser librement les semences.
Zo Randriamaro, présidente de l’organisation « CRAAD OI » défendant la souveraineté alimentaire et les droits des agriculteurs, a déclaré que l’adoption de l’accord pourrait entraîner des conséquences graves sur la sécurité alimentaire dans le pays, considérant que la question des semences est un élément essentiel de l’indépendance des agriculteurs et de leur capacité à produire.
Elle a ajouté que la responsabilité principale incombe aux autorités malgaches, affirmant que le gouvernement doit clarifier les engagements qu’il prend au nom des citoyens, notamment en ce qui concerne les dossiers liés au secteur agricole et aux droits des agriculteurs.
Le collectif d’organisations demande la publication du texte relatif à la section sur les semences avant la signature de tout accord final, afin de permettre un débat public et des commentaires de la part des parties concernées.
En revanche, la délégation de l’Union européenne a défendu les clauses de l’accord, précisant que le système de protection des variétés végétales vise à fournir une protection légale aux développeurs et éleveurs de plantes, tout en contribuant à la disponibilité de variétés agricoles plus productives et résistantes aux conditions climatiques et aux maladies, en adéquation avec les besoins locaux.
L’Union européenne a confirmé que l’accord comprend une exception facultative permettant à chaque pays d’établir ses propres règles concernant la conservation des semences et leur réutilisation au sein des exploitations, en tenant compte des spécificités de sa situation agricole.
Le ministère de l’Agriculture à Madagascar n’a pas encore émis de commentaire officiel concernant les critiques adressées aux négociations ou les demandes relatives à la publication des détails de l’accord.





