LÉGISLATIVES ET COMMUNALES – Deux élections stratégiques attendues

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LÉGISLATIVES ET COMMUNALES - Deux élections stratégiques attendues
LÉGISLATIVES ET COMMUNALES - Deux élections stratégiques attendues

Africa-Press – Madagascar. Selon le président de la CENI, les législatives et les communales devraient se tenir durant le premier semestre de 2024. Deux scrutins, à enjeux politiques majeurs, qui pourraient être âprement disputés.

Deux autres fronts électoraux. Les états-majors politiques et une partie de l’opinion publique s’écharpent encore sur la présidentielle. Il faudra cependant se remettre rapidement d’aplomb, pour être au taquet au moment des législatives et des communales.

Retaf Arsène Dama Andrianarisedo, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), annonce la couleur. “Retenez que 2024 verra le déroulement de deux scrutins essentiels, les élections municipales et les législatives”. Selon ses dires, ces deux échéances électorales devraient se tenir durant le premier semestre de l’année 2024. Le patron de la CENI n’a cependant pas donné plus de précision. Néanmoins, sauf coup de théâtre, les députations et les municipales s’imposent.

Les mandats des maires et conseillers communaux, selon les circonscriptions, seront terminés ce mois de décembre, ou en janvier. Pour les députés, la date fatidique sera le 1er juillet 2024. “Les pouvoirs de l’Assemblée nationale expirent la veille du jour de la 5e année de la proclamation des résultats officiels des élections de ses membres par la Haute Cour Constitutionnelle (HCC)”, dispose en effet la loi organique sur les élections législatives. Les députés actuels ont été proclamés élus par la HCC le 2 juillet 2019.

Les textes sont silencieux sur la deadline pour l’organisation des élections communales. Pour les législatives, toutefois, la loi précitée prévoit que “les électeurs sont convoqués aux urnes quatre-vingt-dix jours au moins avant la date du scrutin, par décret pris en conseil du gouvernement, après consultation du projet de la calendrier électoral présenté par la Commission électorale nationale indépendante”.

Au sein de la classe politique, certains se réjouissent et d’autres sont groggy par l’issue de la course à la magistrature suprême. Il n’y aura pas beaucoup de temps avant ces deux nouvelles batailles électorales. La plupart des politiciens ne conçoivent l’idée de jouer un rôle majeur au sein de l’arène qu’en étant au sein de l’Exécutif. Raison pour laquelle, certains créent expressément des partis pour se présenter à la présidentielle. Ceci, bien qu’ils n’aient même pas suffisamment de militants pour couvrir de délégués les bureaux de vote.

Nouveau challenge

D’autres multiplient les coups d’éclat médiatiques afin de s’arroger une once de crédibilité et ainsi prétendre à être ministres. La grande majorité des formations politiques légalement constituées ces dix dernières années n’ont pris part à aucune élection. Une formation politique digne de ce nom devrait pourtant avoir parmi ses vocations la participation à toutes les joutes électorales.

Les législatives et les communales donnent une occasion à tous les partis, qu’importe leur dimension, d’aligner des candidats à des suffrages universels directs. Siéger au sein de l’Assemblée nationale, avoir des maires, ou être représentés au sein des conseils communaux ou municipaux, sont des voies pour avoir des rôles actifs dans l’arène politique. Avoir des élus au sein de la Chambre parlementaire et dans les communes signifie avoir voix aux chapitres dans les orientations politiques au niveau national et au niveau local.

Pour les tenants du pouvoir, une majorité à la Chambre basse, avoir des maires et être majoritaire au sein des conseils communaux, est un atout majeur. Une telle configuration leur facilitera la mise en œuvre de leur politique. Pour les opposants, ou l’opposition dans l’éventualité d’un front unique, faire le plein de députés, de maires et de conseillers communaux, est une voie démocratique et légale pour tenir la dragée haute à l’Exécutif. À l’instar de la présidentielle, les législatives et les communales se préparent également.

Miser sur le nom d’un chef de parti, ou porter les couleurs d’une grosse écurie politique, ne suffit pas à se faire élire. Étant des élections de proximité, le choix des candidats est crucial. Les électeurs votent souvent pour une personne qu’ils connaissent. Ce qui explique pourquoi il y a des candidats indépendants qui raflent la mise. Outre les formations politiques, les préparatifs des législatives et des municipales constituent un nouveau challenge pour la CENI.

Après avoir été désavouée par l’opposition dans l’organisation de la présidentielle, la Commission électorale aura à s’employer pour reconquérir la confiance des acteurs politiques, mais surtout des citoyens. La CENI, elle aussi, n’aura pas le temps de lever le pied, puisque la révision annuelle de la liste électorale s’ouvre dès le 1er décembre.

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