Africa-Press – Madagascar. Dans un contexte de contraintes budgétaires sévères, le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF) a infligé un coup d’arrêt net aux ambitions financières des magistrats de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC). Dans un communiqué officiel publié le 2 janvier, le département a annoncé que les primes annuelles totalisant 615 millions d’ariary, décidées en interne par la HCC fin décembre 2025, ne seront pas versées. Motif invoqué: l’absence totale d’engagement préalable de crédits, rendant impossible toute exécution dans le respect des règles budgétaires.
Selon des documents qui ont fui sur les réseaux sociaux, la délibération de la HCC, prise le 24 décembre lors d’une séance à huis clos, auraient prévu une répartition généreuse: 100 millions d’ariary pour le président Florent Rakotoarisoa, 50 millions pour la plupart des hauts conseillers et doyens, 25 millions pour certains nouveaux membres, et des montants moindres pour le secrétaire général et le greffier en chef.
Le MEF, tout en affirmant son respect pour l’indépendance de la HCC, rappelle sans ambiguïté les mécanismes légaux encadrant les dépenses publiques. Aucune requête formelle d’engagement n’a été transmise, et les crédits disponibles au budget général ne permettent pas de couvrir une telle sortie sans violer les principes de transparence et de contrôle. Cette prime, bien que prévue dans le cadre de la loi de finances 2025 héritée du précédent régime, tombe sous le coup des restrictions actuelles, liées à un déficit structurel et à une dépendance accrue aux partenaires internationaux.
Ce blocage survient alors que l’État a récemment accordé une prime exceptionnelle modeste de 310 000 ariary à environ 200 000 fonctionnaires ( soit un total d’environ 62 milliards d’ariary) pour amortir les effets de l’inflation galopante – une mesure excluant précisément les agents du MEF eux-mêmes.
Sur les réseaux et dans les débats publics, les réactions fusent. Citoyens et analystes dénoncent une déconnexion flagrante des élites judiciaires, accusant la HCC de privilégier ses intérêts au détriment de la bonne gouvernance. Ce refus du MEF est salué comme un acte de responsabilité, marquant une volonté de prioriser les dépenses essentielles face à des ressources limitées. Il pose également la question de la réforme des avantages accordés aux hautes institutions, dans un Madagascar en pleine phase de refondation institutionnelle.
La HCC n’a pas encore réagi officiellement. Cette affaire pourrait préfigurer d’autres confrontations sur la gestion des fonds publics, alors que le pays affronte des défis économiques majeurs pour 2026.
Pour plus d’informations et d’analyses sur la Madagascar, suivez Africa-Press





