« Qui pour succéder à la présidence de l’Union africaine ? »

3
« Qui pour succéder à la présidence de l’Union africaine ? »
« Qui pour succéder à la présidence de l’Union africaine ? »

Abdourahamane Cheikh Ali

Africa-Press – Madagascar. L’Union africaine, dont la présidence est assurée par les Comores, tient une session ordinaire, les 17 et 18 février. Cheikh Ali Abdourahamane, juriste et représentant en France du parti comorien Chouma, fait ses prédictions sur le pays qui en aura la charge.

« La 37ème session ordinaire de la Conférence de l’Union africaine regroupant les chefs d’État et de gouvernement du continent, prévue les 17 et 18 février 2024, devra désigner l’Etat qui doit succéder aux Comores pour la présidence de l’Union africaine pour la période 2024-2025.

Selon le système de rotation établi par l’organisation panafricaine, cette charge doit échoir à un Etat de la zone Afrique du Nord qui comprend la Mauritanie, la République sahraouie démocratique, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye et l’Egypte.

Le choix au sein des régions se fait par consensus en privilégiant un système de tournante entre les Etats. En d’autres termes, un Etat ayant déjà présidé l’UA ne devrait pas le faire de nouveau tant qu’il subsisterait un Etat de la zone qui n’aurait pas exercé cette charge. Selon cette coutume, la Libye, la Mauritanie et l’Egypte devraient être exclues d’office de cette sélection pour avoir déjà assuré cette présidence tournante respectivement en 2009-2010, 2014-2015 et 2019-2020.

L’Algérie et le Maroc, deux des poids lourds du Continent et de surcroit puissances rivales, convoitent cette présidence. Le consensus étant de mise et vu l’état exécrable de leurs relations (relations diplomatiques rompues à l’initiative de l’Algérie depuis le 24 août 2021), il est à parier qu’aucun de ces 2 Etats ne présidera l’Union africaine en 2024-2025. Cette présidence est un objectif stratégique pour chacune de ces 2 nations.

La fierté de l’Algérie a été blessée par le rejet de sa candidature par les Brics. Elle rêve de la présidence de l’Union africaine pour réaffirmer son leadership, pour montrer qu’elle est (toujours) une grande puissance régionale et que sa voix compte dans le concert des nations africaines. Le rayonnement international et le poids diplomatique que procure cette charge sont des atouts stratégiques précieux pour un pays qui n’a pas renoncé à intégrer le club des Brics dans les meilleurs délais.

UN AVANTAGE POUR LE MAROC

Le Maroc, quant à lui, considère cette présidence comme la cerise sur le gâteau des victoires diplomatiques qu’il a enregistrées en Afrique depuis son retour au sein de l’organisation en 2017. Les relations avec le Mali symbolisent à mes yeux le succès de la diplomatie marocaine et a contrario l’échec de celle de l’Algérie. Le Mali, allié historique de son puissant voisin du nord, a rappelé son ambassadeur en Algérie le 22 décembre 2023 et accuse les autorités algériennes de le considérer comme « son arrière-cour ou un État paillasson, sur fond de mépris et de condescendance ». Et comme pour enfoncer le clou, Bamako s’est rapproché spectaculairement de Rabat à l’occasion d’une visite du chef de sa diplomatie dans le royaume chérifien les 22 et 23 décembre 2023.

Dans ce contexte, il est clair que chaque gouvernement mobilisera donc toutes ses forces pour faire échouer le rival dans sa quête de présidence de l’Union africaine. Procédons par élimination pour désigner le prochain président de l’Union africaine. Eliminons d’emblée la République arabe sahraouie démocratique dont l’existence et le soutien par Alger constituent le motif principal des dissensions entre le Maroc et l’Algérie.

On serait tenté de désigner la Tunisie pour la présidence 2024-2025, le pays n’ayant jamais accédé à cette responsabilité. Mais je ne pense pas qu’il serait sage de désigner Kaïs Saïed, un chef d’État notoirement raciste et négrophobe, pour représenter un continent peuplé majoritairement de Noirs. Il faudra donc se résoudre à désigner un Etat qui a déjà présidé l’UA: Mauritanie, Egypte et Libye. Ce dernier pays n’est pas, malheureusement, éligible à cette charge car il n’est plus en mesure d’assumer ses obligations internationales. Il ne reste plus donc sur la table que l’Egypte et la Mauritanie. Faites vos jeux ! »

Pour plus d’informations et d’analyses sur la Madagascar, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here