JO 2024 : leçon de professionnalisme

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JO 2024 : leçon de professionnalisme
JO 2024 : leçon de professionnalisme

Africa-Press – Madagascar. La cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris 2024 marque la fin de la parenthèse qu’ont été ces jeux à la gloire du sport. La communauté internationale, représentée par les 204 nations participantes, peut dire bravo et merci à la France, sans que cela ne soit une expression de francophilie exacerbée. Bravo pour des jeux qui se sont dans l’ensemble déroulés sans incident majeur, et merci parce que la planète Terre a pu penser à autre chose pendant quelques semaines.

Quel enseignement un pays comme Madagascar peut-il retenir des JO 2024 ? On ne va plus revenir sur la problématique des résultats qui sont fonction des moyens mis à disposition des athlètes. Toutefois, les contre-exemples existent, pour ne citer que le médaillé d’or au javelot, le Pakistanais Arshad Nadeem, qui s’est entraîné dans son pays avec les « moyens du bord ».

Maintenant que la parenthèse olympique est refermée, le monde va pouvoir retourner au train-train des problèmes de la vie quotidienne. La France avec la nomination d’un nouveau Premier ministre, entre l’enclume de l’extrême-droite et le marteau (et la faucille) des gauchistes, tous aussi dangereux les uns que les autres. Les États-Unis et la dernière ligne droite vers la présidentielle de 2024, avec un bras de fer entre Kamala Harris, aux portes de l’Histoire, et le fantasque Donald Trump. Les Nations unies, impuissantes à ramener la paix entre la Russie et l’Ukraine, et entre Israël et le Hamas. Et puis, les Malgaches et leur lente descente aux enfers avec les problèmes qui empirent dans tous les domaines, de l’insécurité à la corruption, en passant par les services de la Jirama.

JO 2024: quelles leçons pour Madagascar

En dehors de l’aspect sportif, il y a sans doute un domaine dans lequel les Malgaches devraient prendre des leçons de l’organisation des JO 2024. Le manque de moyens est souvent utilisé dans la Grande île comme prétexte pour expliquer la médiocrité. Il y a sans doute une part de vérité. Toutefois, la mentalité qui se complaît dans l’amateurisme est également un facteur dont on ne parle pas.

À Paris, de la cérémonie d’ouverture à celle de clôture, en passant par l’organisation des épreuves, des repas, de l’hébergement et de la sécurité, les problèmes éventuels ont été anticipés et gérés. La recette est simple: il faut laisser les professionnels être à l’œuvre. C’est donc une bonne leçon pour Madagascar: tant que les politiciens considèreront normal de s’immiscer dans la gestion des sports et des événements, on ne pourra pas dépasser le stade médiocre. De plus, les marchés accordés pour des raisons qui n’ont rien à avoir avec le professionnalisme ou même l’expérience du prestataire sont souvent la source de résultats risibles, voire pitoyables.

N’est-ce pas à Madagascar que le chef de l’Etat s’est enorgueilli d’avoir mis sa patte dans l’hymne des Jeux des îles 2023, ce qui en explique sans doute le niveau zéro ? N’est-ce pas à Madagascar que l’interventionnisme de l’Etat a entraîné la sanction des fédérations par les institutions internationales en charge des disciplines concernées ? N’est-ce pas à Madagascar que les copains et les coquins au sein de la Présidence de la République ont voulu imposer le retour de Nicolas Dupuis à la tête des Barea (malgré le limogeage décidé par le président de la Fédération malgache de football pour des raisons tout à fait valables) ? N’est-ce pas à Madagascar que des problèmes de réglage de sonorisation ont entraîné une version cacophonique de l’hymne national le 26 juin dernier ? Etc.

Il est vrai qu’un tel niveau de professionnalisme est normal dans un pays où les exemples de décision irrationnelles et motivées par le narcissisme et la mégalomanie fleurissent au sommet de l’État.

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