Données sur la prévalence tabagique dans 82 pays à revenu faible ou intermédiaire

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Données sur la prévalence tabagique dans 82 pays à revenu faible ou intermédiaire
Données sur la prévalence tabagique dans 82 pays à revenu faible ou intermédiaire

Africa-Press – Madagascar. En 2020, on estime que près d’un milliard de personnes dans le monde fument du tabac et que 336 millions utilisent du tabac sans fumée (tabac à mâcher ou à priser), la plupart vivant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI). Bien que la prévalence du tabagisme (à la fois fumé et sans fumée) dans les pays à revenu faible et intermédiaire ait diminué au cours des 20 dernières années, elle devrait, dans les années à venir, dépasser 20 % dans les pays à revenu intermédiaire et 12 % dans les pays à faible revenu.

Une étude publiée dans le British Medical Journal[1] a regroupé les données de plus de 80 enquêtes nationales représentatives de la population du pays, regroupant 1 231 068 personnes âgées de 15 ans ou plus dans 82 pays à revenu faible ou intermédiaire (L’Inde et la Chine n’ont pas été incluses dans l’étude). Les chercheurs ont cherché à déterminer la prévalence du tabagisme dans son ensemble et le profil des fumeurs.

Des disparités importantes de consommation en fonction du sexe et des pays

Dans l’ensemble des 82 pays à faibles et moyens revenus, la moyenne pondérée de la prévalence du tabagisme actuel était de 16,5 %. La prévalence était plus élevée chez les hommes que chez les femmes (33,2 % contre 3,3 %). Dans la plupart (60 (73%) sur 82) des pays à faible et moyen revenu de l’étude, la prévalence du tabagisme chez les femmes était inférieure à 5%. Le seul pays où la consommation de tabac était plus élevée chez les femmes que les hommes est Nauru.

Au niveau national, la prévalence du tabagisme variait de 1,1% au Ghana à 50,6% à Kiribati. Sao Tomé-et-Principe, le Nigéria et l’Ethiopie étaient les pays avec la prévalence la plus faible (moins de 5%). Quatre des dix pays présentant la prévalence du tabagisme la plus élevée étaient de petites îles du Pacifique, avec une prévalence élevée tant chez les hommes que chez les femmes. Dans d’autres cas, la prévalence au niveau du pays cache des disparités notables entre les sexes. L’Indonésie ou l’Arménie, par exemple, ont une prévalence du tabagisme exceptionnellement élevée chez les hommes (plus de 60%), mais le tabagisme est rare chez les femmes (moins de 3%), ce qui donne une prévalence tabagique moyenne plus faible.

Au niveau des régions OMS, la prévalence du tabagisme était la plus élevée dans la région Europe (28,0%) et dans le Pacifique occidental (26,1%). L’Afrique avait de loin la plus faible prévalence du tabagisme avec 5,9 %.

La cigarette manufacturée est le produit du tabac le plus couramment consommé

Dans tous les pays, les cigarettes étaient le produit le plus couramment consommé par les fumeurs hommes et femmes (95,6% et 85,2% respectivement). Les deux seules exceptions étaient la Papouasie-Nouvelle-Guinée, où une part relativement importante des fumeurs fumait du brus (un tabac local), et le Lesotho, où la consommation de cigarillos était relativement courante. Dans tous les pays où les données étaient disponibles, les fumeurs, hommes et femmes, étaient plus nombreux à fumer des cigarettes manufacturées (hommes 73,5% ; femmes 55,8%) que des cigarettes roulées à la main (hommes 30,7% ; femmes 38,7%).

Prévalence et fréquence de la consommation de tabac sans fumée

Dans les 72 pays étudiés qui ont recueilli des informations sur la consommation actuelle de tabac sans fumée, la prévalence était de 7,7% (11,1 % des hommes et 4,8 % des femmes). Parmi les hommes consommateurs de produits du tabac sans fumée, le tabac à chiquer était le produit le plus couramment utilisé, par 49,5 % d’entre eux et en moyenne 5 fois par jour. Parmi les femmes consommatrices de produits du tabac sans fumée, la noix de bétel avec ou sans tabac (40,8 %) et le tabac à priser oral (40,0 %) étaient les produits les plus consommés (4x par jour en moyenne).

La consommation de tabac sans fumée était nettement plus élevée en Asie du Sud-Est que dans les autres régions, où les prévalences variaient de 0,5 % à 6 %.

La Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Myanmar sont les pays avec le plus de consommateurs de tabac sans fumée avec 64,5% et 29,3% respectivement (hommes et femmes confondus de l’ensemble des consommateur de tabac dans le pays).

Cinq (Myanmar, Bangladesh, Inde, Népal et Bhoutan) des 10 pays présentant la plus forte prévalence du tabagisme sans fumée figuraient également parmi les 10 pays présentant la plus forte prévalence globale du tabac chez les hommes et les femmes.

Une faible éducation et de faibles revenus liés à une consommation plus élevée

En regroupant les données de tous les pays étudiés, le fait de résider dans une zone rurale était associé à une prévalence du tabagisme plus élevée que dans les zones urbaines. Dans la plupart des pays étudiés, la prévalence tabagique était plus élevée chez les personnes moins éduquées et appartenant aux classes économiques inférieures. En Roumanie par exemple, le taux de tabagisme grimpe à 60% parmi les personnes ne possédant aucun diplôme contre 30% des personnes ayant au moins un diplôme d’étude secondaire. Au Laos, moins de 10% des personnes ayant un diplôme d’étude secondaire sont fumeuses contre environ 30% des personnes n’ayant aucun diplôme. Toujours au Laos, 35% des personnes ayant les revenus les plus faibles sont fumeuses contre moins de 15% des plus aisés. Un écart similaire en fonction des revenus est observé dans de nombreux pays asiatiques (Philippines, Vietnam, Thaïlande…).

Des données importantes pour cibler les mesures de lutte contre le tabac

Selon les auteurs de l’étude, ces données peuvent contribuer au suivi des objectifs internationaux en matière de réduction du tabagisme et des maladies non-transmissibles qui sont liées à la consommation de tabac. Les conséquences sanitaires du tabagisme peuvent représenter un risque pour les systèmes de santé déjà fragiles de ces pays, car nombre d’entre eux ne sont pas bien préparés à faire face à l’augmentation des maladies liées à la consommation du tabac, telles que les cancers et les maladies cardiovasculaires.

L’industrie du tabac cible tout particulièrement les PRFI devenus des marchés essentiels pour les fabricants dans la mesure où 80% des fumeurs y vivent. Elle y déploie un lobby majeur pour contrer l’adoption et la mise en œuvre de mesures éprouvées pour réduire la consommation de tabac[2]. Cette étude souligne les enjeux de celles-ci.

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