Africa-Press – Madagascar. Les virus de l’herpès représentent une famille très vaste et répandue dans tout le règne animal. Virus à ADN double brins, ils infectent les mammifères, les oiseaux, les poissons, les reptiles et même les mollusques. Au total, plus de de 130 espèces sont connues dont 9 infectent les humains. On estime que 90% d’entre eux ont été infectés par au moins l’un des virus de l’herpès et qu’une forme latente demeure chez presque tous les infectés. Parmi les plus connus figurent le VZV, responsable de la varicelle et du zona, le virus d’Epstein-Barr qui cause notamment la mononucléose infectieuse et celui du sarcome de Kaposi qui touche essentiellement les personnes séropositives au VIH, le virus du Sida.
Enfin, les formes HHV-6A et 6B sont bien connues des jeunes parents puisqu’ils causent la roséole infantile, maladie courante chez les enfants de 6 à 24 mois et qui se signale par une forte fièvre durant 3 jours, des convulsions, et se conclut par des éruptions cutanées de taches rouges qui durent également 3 jours au terme desquels l’enfant n’est plus contagieux.
De l’âge de fer au Moyen Âge
Découverts plutôt récemment, dans les années 1980, ces deux espèces virales sont suspectées de faire partie depuis très longtemps de l’histoire humaine. Notamment parce que HHV-6A et HHV-6B présentent la particularité de s’intégrer dans le génome humain. Une équipe internationale de chercheurs dirigée par Meriam Guellil, de l’Université de Tartu (Estonie), a voulu en avoir le cœur net. Elle publie ses résultats dans la revue Science.
Les scientifiques ont mené une expertise génétique de 11 dents et autres échantillons tissulaires d’européens vivant au moment de l’âge de fer, entre le 8ème et le 6ème siècle avant notre ère, ainsi qu’au 14ème siècle. Italie pour les plus vieux échantillons osseux, ceux d’une fillette morte dans sa dixième année entre 780 et 540. Angleterre pour l’un des plus récents, un garçon décédé aux mêmes âges vers l’an 1300. Et sinon de Belgique, d’Estonie et de Russie.
Intégrés et invariables dans notre génome
Et bingo ! Six d’entre eux contenaient effectivement du HHV-6A et cinq du HHV-6B. Cela fait donc plus de 2500 ans que ces deux virus infectent les humains. Les expertises ont également révélé aux chercheurs que la diversité phylogénétique de HHV-6A est pratiquement demeurée inchangée depuis le 14è siècle si l’on compare avec les séquences virales modernes. En clair, toutes les lignées de ce virus étaient intégrées aux génomes humains depuis très longtemps. Concernant HHV-6B, les résultats sont plus flous mais des études antérieures n’ont pas montré de différences entre les souches endogènes et les souches circulantes. Ce qui tendrait donc à conduire à des conclusions analogues.
Comme le précisent les chercheurs, l’étude ne s’est concentrée que sur des échantillons européens. Par conséquent, elle souffre d’un biais géographique majeur rendant difficile une extrapolation au niveau mondial. Néanmoins, des résultats parcellaires obtenus sur des souches asiatiques par d’autres équipes de scientifiques tendraient à aboutir aux mêmes résultats qu’en Europe.
De l’Asie à l’Europe et depuis trois dizaines de siècles, le virus de l’herpès entretiendrait donc un lien très (très) étroit avec l’espèce humaine…
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