Premier Forum de L’Agriculture Biologique et Transition

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Premier Forum de L'Agriculture Biologique et Transition
Premier Forum de L'Agriculture Biologique et Transition

Africa-Press – Mali. Le Mali accueille du 27 au 30 novembre 2025, au Mémorial Modibo Keita de Bamako, la première édition du Forum National de l’Agriculture Biologique et de l’Agroécologie. Pendant quatre jours, producteurs, organisations paysannes, chercheurs, ONG et responsables publics se réunissent pour débattre de la souveraineté alimentaire et de l’urgence d’une transition agricole durable.

Dès le premier panel de ce 29 novembre, le président de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes (CNOP), Ibrahim Coulibaly, a dressé un bilan sévère de la politique agricole malienne. Selon lui, l’État continue d’investir insuffisamment dans un secteur pourtant vital pour l’économie nationale.

Il a notamment dénoncé le système actuel de subvention des engrais, qu’il a qualifié de « forme de corruption », estimant qu’il ne répond ni aux besoins des paysans ni aux exigences de transparence.

Pour remédier à cette situation, la CNOP recommande la création d’un fonds de garantie agricole, en lieu et place des subventions directes. Cet instrument permettrait de faciliter l’accès au crédit, de soutenir durablement les exploitations et d’améliorer la productivité.

« Pour assurer notre souveraineté alimentaire, nous devons compter sur nos propres agriculteurs », a affirmé Ibrahim Coulibaly.

L’agroécologie au cœur des solutions face aux crises agricoles

Porté par la société civile, le forum entend valoriser les acquis du mouvement agroécologique et biologique au Mali. Les organisateurs alertent sur les dangers de la dépendance aux intrants chimiques, des semences OGM et de la dégradation rapide des ressources naturelles.

Selon Amidou Diawara, président de l’ONG AMSD (Association Malienne Pour La Solidarité Et Le Développement), le Mali traverse des perturbations profondes: irrégularité des pluies, dégradation accélérée des sols, forte dépendance aux produits chimiques, pression croissante sur les ressources naturelles.

Dans ce contexte, l’agroécologie apparaît, estime-t-il, comme une réponse crédible et durable qui permet d’améliorer la fertilité des sols ; d’augmenter les rendements ; de réduire les coûts de production ; de diversifier les revenus ; et de protéger la santé des producteurs et des consommateurs. « Ce forum n’est pas une mode. C’est un choix de société fondé sur la dignité, la justice et la souveraineté », a insisté Amidou Diawara.

Un appel à la volonté politique et à l’engagement des consommateurs

Les participants ont insisté sur le rôle déterminant de l’État dans la réussite de cette transition.

« Il existe des politiques, mais il manque la volonté politique », a regretté Ibrahim Coulibaly, rappelant que le financement reste le premier obstacle à surmonter. Il a également tenu à interpeller les consommateurs maliens: « La balle est dans votre camp. Achetez nos produits biologiques. Car produire bio, demande beaucoup d’efforts. »

Une dimension régionale et environnementale affirmée

Le forum a enregistré la participation d’acteurs régionaux, notamment Sayouba Bonkoungou, président du CNABio du Burkina Faso, qui a souligné que l’agriculture biologique constitue un rempart essentiel contre les effets du changement climatique.

De son côté, Souleymane Yacoub, représentant du ministre de l’Agriculture du Mali, a averti: « Si nous ne faisons pas attention, nous allons nous-mêmes détruire notre écosystème. Il a rappelé la nécessité de placer l’agriculture biologique au cœur des politiques nationales et d’investir davantage dans: la formation en agroécologie ; le financement durable des initiatives ; et des modèles de production qui nourrissent tout en préservant l’environnement.

Au-delà des débats, le forum s’est distingué par une série d’activités pratiques: expositions de produits biologiques et agroécologiques, foires et animations, panels et débats techniques, sessions de formation, visites de marchés bio et de fermes modèles, remise de trophées aux acteurs engagés.

En rassemblant l’ensemble des acteurs clés du secteur, cette première édition du Forum National de l’Agriculture Biologique et de l’Agroécologie s’impose comme un moment décisif. Elle ouvre la voie à une réflexion nationale sur un modèle agricole respectueux du vivant, créateur d’emplois verts et garant de la souveraineté alimentaire.

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