Menace de destruction de plus de 200 familles à Sotuba : Des habitants en colère contre le maire de la commune I de Bamako

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Menace de destruction de plus de 200 familles à Sotuba : Des habitants en colère contre le maire de la commune I de Bamako
Menace de destruction de plus de 200 familles à Sotuba : Des habitants en colère contre le maire de la commune I de Bamako

Africa-PressMali. A Sotuba, l’affaire de destruction de plus de 200 familles au profit de Niamankolo Coulibaly, une dame détentrice du droit coutumier sur une partie de la zone de recasement du lieu, a refait surface. Connu par fuite, l’arrêté récemment pris par Oumarou Togo, maire de la commune I de Bamako, annule les décisions d’attribution de plus de 200 parcelles, et provoque ainsi la colère des personnes incriminées.

Contre l’arrêté N°2021-0022-MCI-DB-SG du 20 avril 2021, les populations résidentes dans la zone de recasement du quartier de Sotuba ont manifesté leur désarroi. Après avoir manifesté devant la mairie, le lundi dernier, les résidents constitués en collectif des habitants de la zone de recasement de Sotuba ont tenu, jeudi 29 juillet, une conférence de presse. Un évènement qui avait pour but non seulement de prendre à témoin l’opinion nationale sur les dangers qui épient les familles menacées par la nouvelle décision du maire ; d’interpeller les nouvelles autorités, mais aussi et surtout d’exprimer l’opposition des conférenciers à toute destruction d’une quelconque habitation en exécution du présent arrêté, au profit de la dame Niamankolo Coulibaly.

Ainsi, vu la constitution et les normes prévues en la matière, l’article 1 de cet arrêté du maire mentionne : « Sont annulées les décisions d’attribution de parcelles à usage d’habitation n°31/DS-SC du 2/7/2004 ; N°003/MCI-DB du 9/1/2007 ; n°071/MCI-DB du 27/11/2007 ; et 035/MCI-DB du 20/5/2008 ».Ces parcelles se trouvant sur le titre foncier n°7480 CI et tous les actes subséquents du maire central du district et de l’ex-maire de la commune I de Bamako ont été, suivant l’arrêt N°425 du 31/12/2018 des sections réunies de la cour suprême, tous annulés par Oumarou Togo. Cette annulation concerne les parcelles EN, Dw, DJ,DN,DZ,DZ,DU,DK,EB,EG,EJ,FD,EL,DL,DR,DO de Sotuba au profit de Niamankolo Coulibaly pour, lit-on dans l‘arrêté, confirmation du droit coutumier. Si cette décision du maire passe, presque toute une partie importante de Sotuba sera détruite au profit de Niamankolo, craint Souaibou Dembélé, membre du collectif. A ses dires, l’arrêté ne touche pas que des parcelles, mais des maisons construites en étage et occupées il y a plus de treize(13) ans par des gens, des familles qui « ont dûment acheté leur terrain avec la mairie sur un TF (titre foncier) de l’Etat ». « Le maire sait pertinemment qu’il est en train de faire un sale boulot. Je dirais plutôt qu’il compte ainsi annuler des maisons à la place des parcelles. Ce maire a trahi sa population. Les parcelles dont il est question aujourd’hui se trouvent sur un TF datant de 1915 », explique le conférencier Souaibou. C’est le TF immatriculé le 2 juin 1915 que le maire compte ainsi retirer en le réattribuant à cette dame, argue M. Dembélé.

Outre Cela, c’est une décision présidentielle qui a autorisé les gens à s’installer dans cette zone. Tous ces gens ont eu, souligne-t-il, le document d’autorisation de construire. Le maire veut simplement « tuer sa population via cette décision. Parce que les gens vont préférer mourir que de céder la zone au profit de cette dame », martèle Souaibou. Exécuter une telle décision, dit-il, c’est mettre du feu au sein de la commune I de Bamako. Et de confier que beaucoup de familles seront, au-delà des 203 maisons listées, touchée au cas où l‘arrêté du maire s‘applique. Personne ne dort encore avec l’esprit tranquille à Sotuba à cause de ce problème, allègue Aminata Touré. Elle lance l’appel au secours aux autorités transitoires, et rappelle que les gens n’ont nulle part où aller, une fois astreints de quitter la zone. En la matière, Mamadou Diarra a été clair : « Nous n’allons nulle part. Nous sommes prêts à mourir ici, et ne bougeons pas d‘un pas de nos maisons. Nous n’avons rien à avoir avec cette histoire de droit coutumier, puisque nous avons légalement acheté nos parcelles avec la mairie de la commune I ».Tour à tour, les intervenants composés d’hommes et de femmes disent prêts à mener ce combat à bout contre la décision du maire Oumarou Togo.

Mamadou Diarra

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