Laurent Gbagbo, Alpha Blondy, mouvements citoyens… Ceux qui dénoncent les sanctions contre Bamako

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Mali : Laurent Gbagbo, Alpha Blondy, mouvements citoyens… Ceux qui dénoncent les sanctions contre Bamako
Mali : Laurent Gbagbo, Alpha Blondy, mouvements citoyens… Ceux qui dénoncent les sanctions contre Bamako

Africa-Press – Mali. En Afrique de l’Ouest, les sanctions décidées par la Cedeao sont loin de faire l’unanimité. Nombre de militants panafricanistes et anti-impérialistes expriment ouvertement leur solidarité avec les Maliens.

Certains en appellent à la solidarité avec le peuple malien. D’autres, à la résistance face à la Cedeao, accusée d’être le suppôt de la France et, plus généralement, des Occidentaux. D’autres, enfin, partagent des photomontages du colonel Assimi Goïta grimé en lion, voire le comparent à l’ancien président burkinabè Thomas Sankara…

Depuis quelques jours, nombre de militants panafricains et anti-impérialistes dénoncent vigoureusement les lourdes sanctions que la Cedeao a adoptées, le 9 janvier, contre le Mali, et en font une nouvelle cause de lutte, quitte à parfois mélanger soutien à la population malienne, qui va en subir les difficiles conséquences, et à des militaires putschistes désireux de rester au pouvoir.

Des mesures « excessives et impertinentes »

Le réseau Afrikki, qui regroupe une centaine de mouvements citoyens du continent, a ainsi lancé un Appel des peuples pour le Mali, qu’a lu le rappeur burkinabè Smockey. « Si la Cedeao persiste dans ses sanctions, nous braverons cet embargo en ralliant le Mali, pour rejoindre les mouvements de protestation du peuple malien à Bamako », déclare le cofondateur du Balai citoyen dans cette vidéo, relayée par le mouvement sénégalais Y’en a marre.

Plusieurs personnalités ouest-africaines ont elles aussi pris rapidement position. Dans un communiqué, publié le 11 janvier, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, « conformément à son orientation panafricaniste résolue », déclare se tenir « fermement aux côtés du peuple frère du Mali » et trouve « excessives et impertinentes les mesures de rétorsions prises par la Cedeao ». Figure respectée de la gauche africaine, l’ex-chef de l’État se dit par ailleurs prêt à « accompagner toute approche de règlement pacifique de la crise au Mali ».

« Syndicat de chefs d’État »

L’opposant sénégalais Ousmane Sonko, leader du parti Pastef-Les Patriotes, s’est également indigné de la situation au Mali lors d’une rencontre avec ses partisans. « Pensez-vous qu’il soit normal que la France dicte à nos présidents de la République, à la Cedeao et à l’Uemoa [la décision] de décréter un embargo contre les Maliens, qui sont nos frères ? […] Nous ne pouvons pas être d’accord avec le fait que des pays occidentaux nous imposent un embargo contre le Mali. Nous ne voulons plus de ça en Afrique », a-t-il lancé.

Comment cette Cedeao, qui protège des voleurs de mandats et d’élections, ose-t-elle faire la leçon aux Maliens ?

Toujours au Sénégal, Guy-Marius Sagna, meneur du mouvement Frapp-France Dégage, se montre lui aussi très critique à l’égard du « syndicat des chefs d’État » ouest-africains qui a décidé de hausser le ton face aux autorités de transition maliennes. « Comment cette Cedeao, qui protège des voleurs de mandats et d’élections, peut-elle oser aujourd’hui faire la leçon aux Maliens ? », écrit-il dans sa boucle de diffusion Whatsapp.

Enfin, Alpha Blondy, la star ivoirienne du reggae, a vivement réagi aux sanctions imposées à Bamako. « Je voudrais m’adresser à tous les présidents de la Cedeao. Ces sanctions que vous avez adoptées contre le Mali sont un aveu de votre impuissance. Les Maliens n’ont pas à être victimes de votre incapacité à trouver une solution au problème jihadiste auquel le Mali fait face », déclare-t-il dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux.

Avant lui, Tiken Jah Fakoly, autre star ivoirienne du reggae et figure suivie par la jeunesse africaine, s’est lui aussi exprimé sur la situation au Mali, où il vit depuis les années 2000. « Le Mali est un pays indépendant. Il faut aujourd’hui l’accompagner dans sa résistance », a-t-il déclaré au début de janvier à la télévision guinéenne Espace TV.

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