Africa-Press – Mali. À l’occasion du séjour à Paris du président ivoirien, le chef d’État français a reçu son homologue à l’Élysée. Au centre des discussions : l’épineux dossier de Bamako.
Le dîner ne figurait ni à l’agenda officiel d‘Emmanuel Macron ni à celui d’Alassane Ouattara. Le président français a pourtant reçu son homologue ivoirien à l’Élysée, le 16 mai, en compagnie de leurs épouses Brigitte Macron et Dominique Ouattara. Durant cette rencontre privée, ils ont longuement évoqué la situation en Afrique de l’Ouest et la manière dont la Cedeao gère les transitions au Mali, en Guinée et au Burkina Faso.
Tractations en cours
Sur l’épineux dossier malien, Alassane Ouattara a indiqué à son hôte que les tractations étaient toujours en cours avec Bamako sur la durée de la transition. Les dernières propositions maliennes sont encore trop éloignées des exigences de la Cedeao : vingt-quatre mois, alors qu’elle réclame seize mois maximum. En pleine manœuvre de désengagement militaire du Mali, avec lequel la France entretient désormais des relations minimales, Emmanuel Macron a rappelé qu’il soutenait les efforts de médiation de l’organisation sous-régionale – tout en continuant à s’entretenir régulièrement avec certains de ses homologues ouest-africains à ce sujet.
Par ailleurs, le rôle du Togo dans ce dossier commence à déranger au sein de l’organisation régionale. Si Faure Essozimna Gnassingbé a accepté, à la demande d’Assimi Goïta, de jouer un rôle de facilitateur dans la crise, le seul médiateur reconnu à ce jour par la Cedeao est Goodluck Jonathan. Son président en exercice, Nana Akufo-Addo, voit en effet d’un mauvais œil la proximité qu’entretient le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, avec l’homme fort de la junte malienne.
Le cas Doumbouya
La veille de son dîner avec Alassane Ouattara, Emmanuel Macron avait également abordé la situation au Mali avec Mohamed Ould Ghazouani, le président mauritanien, à Abou Dhabi, en marge des obsèques du cheikh Khalifa ben Zayed Al-Nahyane. Tout en continuant à prôner le dialogue avec les autorités de transition, Ghazouani s’est montré inquiet vis-à-vis du déploiement des mercenaires de Wagner de l’autre côté de ses plus de 2 000 km de frontières avec le Mali.
Enfin, Ouattara et Macron ont également abordé le dossier guinéen. Le président ivoirien n’a pas caché la préoccupation de ses pairs de la Cedeao sur la tournure des événements à Conakry, alors que les relations entre le colonel Mamadi Doumbouya et la société civile se sont tendues ces dernières semaines. L’optimisme est davantage de mise au sujet du Burkina Faso où, malgré l’absence de médiation officielle, les contacts sont plutôt fluides entre le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba et les chefs d’État ouest-africains.
Arrivé à Paris le 14 mai, Alassane Ouattara devrait regagner Abidjan le 24.
Pour plus d’informations et d’analyses sur la Mali, suivez Africa-Press





